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AUTOMNE

December 18, 2015 Rasel Rana 0 Comments

Dans le brouillard s'en vont un paysan cagneux
Et son boeuf lentement dans le brouillard d'automne
Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux

Et s'en allant là-bas le paysan chantonne
Une chanson d'amour et d'infidélité
Qui parle d'une bague et d'un coeur que l'on brise

Oh ! l'automne l'automne a fait mourir l'été
Dans le brouillard s'en vont deux silhouettes grises

- - -
Guillaume Apollinaire (1880-1918), in Alcools (Nouvelle revue française, 1920)

(source Gallica)

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L'ADIEU

December 18, 2015 Rasel Rana 0 Comments

J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens-t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends

- - -
Guillaume Apollinaire (1880-1918), in Alcools ( Nouvelle revue française, 1920)

( source Gallica )

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TOUT ÊTRE A SON REFLET OU SON ECHO...

December 11, 2015 Rasel Rana 0 Comments

Tout être a son reflet ou son écho.Le soir,
La source offre à l'étoile un fidèle miroir ;
Le pauvre trouve un coeur qui l'accueille, la flûte
Un mur où son air triste et pur se répercute ;
L'oiseau qui chante appelle et fait chanter l'oiseau,
Et le roseau gémit froissé par le roseau :
Rencontrerai-je un jour une âme qui réponde
Au cri multiplié de ma douleur profonde ?

- - -
Charles Guérin (1873-1907), in Le Semeur de cendres (Société du Mercure de France, Paris, 1901)

( source Gallica )

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LES DEUX INFINIS

December 06, 2015 Rasel Rana 0 Comments

En présence des flots l’infini se comprend :
De celui qui les fit ils chantent la puissance ;
Mais, comme l’infiniment grand,
L’infiniment petit prouve un pouvoir immense :
D’un créateur pareil
Sur tous deux à la fois l’empreinte est apposée.
Ainsi la goutte de rosée,
Tout comme l’Océan, reflète le soleil.

- - -
Charles Fretin, in Folles & Sages, poésies (1862)

( source Gallica )

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PANTOUM

December 06, 2015 Rasel Rana 0 Comments

Par les soirs où le ciel est pur et transparent,
Que tes flots sont amers, noire mélancolie !
Mon coeur est un lutteur fatigué qui se rend,
L’image du bonheur flotte au loin avilie.

Que tes flots sont amers, noire mélancolie !
Oh ! qu’il me fait de mal ton charme pénétrant !
L’image du bonheur flotte au loin avilie.
L’espoir qui me berçait râle ainsi qu’un mourant.

Oh ! qu’il me fait de mal ton charme pénétrant !
Morne tristesse, effroi voisin de la folie !
L’espoir qui me berçait râle ainsi qu’un mourant.
Tout en moi, hors la peine effroyable, s’oublie.

Morne tristesse, effroi voisin de la folie !
Fleuves sombres, mon oeil plonge en votre courant ;
Tout en moi, hors la peine effroyable, s’oublie.
La peine, gouffre avide et toujours m’attirant !

- - -
Albert Glatigny (1839-1873), in Les Vignes Folles, poésies (1860)

( source Gallica )

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Plus aucun souffle...

December 05, 2015 Rasel Rana 0 Comments

Plus aucun souffle.

Comme quand le vent du matin
a eu raison
de la dernière bougie.

Il y a en nous un si profond silence
qu'une comète
en route vers la nuit des filles de nos filles,
nous l'entendrions.

- - -
Philippe Jaccottet, in Poésies 1946-1967 (Gallimard, 1971)

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LE SECRET

December 05, 2015 Rasel Rana 0 Comments

Où gis-tu secret du monde
à l'odeur si puissante ?
Parfois un ouvrier doux
dans la ville fiévreuse
tombe d'un échafaudage
et le vent sent toujours le lilas ;
un malheur tenace
habite les corps les plus beaux
les mains dans le soir se serrent
un animal s'endort
dans une loge qu'ouvragèrent les hommes
la paix toujours se corrompt
et la guerre
n'a plus d'âge.

- - -
Jean Follain (1903-1971), in Exister (Gallimard, 1943)

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