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Après avoir souffert

September 29, 2014 Rasel Rana 0 Comments

Après avoir souffert, après avoir vécu,
Tranquille, et du néant de l'homme convaincu,
Tu dis je ne sais rien ! — Et je te félicite,
Ô lutteur, ô penseur, de cette réussite.

Maintenant, sans regret, sans désir, humblement,
Bienveillant pour la nuit et pour l'aveuglement,
Tu médites, vibrant au vent comme une lyre ;
Tu savoures l'azur, le jour, l'astre ; et sans lire
Les papyrus hébreux, grecs, arabes, indous,
Tu regardes le ciel mystérieux et doux ;
Et par l'immensité ton âme est dilatée
Au point d'emplir de flamme et d'aube un monde athée.
Tes jardins sentent bon, et sont tout chevelus
De lierres, de jasmins et de convolvulus ;
Mai fleurit tes lilas, août mûrit tes pommes ;
Et, pendant que le tas tumultueux des hommes
Crie : abattons ! tuons ! exterminons ! broyons !
Toi, parmi les parfums et parmi les rayons,
Voilà que tu finis et que tu te reposes,
Vieux, dans une masure, et sage, dans les roses.

Victor Hugo

Publiés en 1902, - œuvre posthume .(Dernière Gerbe)

Victor_Hugo_statue_Guernsey

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L'Amour

September 27, 2014 Rasel Rana 0 Comments

Vous demandez si l'amour rend heureuse;
Il le promet, croyez-le, fût-ce un jour.
Ah! pour un jour d'existence amoureuse,
Qui ne mourrait? la vie est dans l'amour.

Quand je vivais tendre et craintive amante,
Avec ses feux je peignais ses douleurs:
Sur son portrait j'ai versé tant de pleurs,
Que cette image en paraît moins charmante.

Si le sourire, éclair inattendu,
Brille parfois au milieu de mes larmes,
C'était l'amour; c'était lui, mais sans armes;
C'était le ciel. . . qu'avec lui j'ai perdu.

Sans lui, le cœur est un foyer sans flamme;
Il brûle tout, ce doux empoisonneur.
J'ai dit bien vrai comme il déchire une âme:
Demandez-donc s'il donne le bonheur!

Vous le saurez: oui, quoi qu'il en puisse être,
De gré, de force, amour sera le maître;
Et, dans sa fièvre alors lente à guérir,
Vous souffrirez, ou vous ferez souffrir.

Dès qu'on l'a vu, son absence est affreuse;
Dès qu'il revient, on tremble nuit et jour;
Souvent enfin la mort est dans l'amour
Et cependant….oui, l’amour rend heureuse!

Marceline Desbordes-Valmore (1786 - 1859)

The kiss Rodin

[Image Source]

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Souvenir

September 23, 2014 Rasel Rana 4 Comments

Ils ne restent que des souvenirs,
Ces jours qu’on a passés en commun.
Etant jeune, on n’a profité de tant de plaisirs
A présent, on nous a séparés du destin.
En ce temps là, nos nos ennuis semblaient fuir,
Ah ! Les longues veillées à deux, pleines d’entrain !

Avec toi, je voyais ces jours éternels
Où l’amour ne cesserait de prospérer.
Plus jamais d’amertume nouvelle
Et l’on verra la paix s’installer,
Car on nous a oint d’une inquiétude cruelle
Qui s’est enracinée dans le cœur pour durer.
Celle-ci a brisé notre espoir conventionnel,
Chacun de nous se retrouve désorienté.

Le lieu ou nous fîmes connaissance,
Je m’empresse de m’y déplacer.
Aussitôt, ton visage surgit dans ma conscience
Je le fixe des yeux, par des larmes inondés
Les ans nous ont séparés par coïncidence,
Ceux là mêmes qui ont lié notre amitié
A présent, elle s’avère sans importance
Puisque de moi, ils viennent de t’éloigner.


Quand le printemps nous a quitté,
Nous avons regretté la verdure.
Qui a cru à cette réalité
De nous voir plongés dans un vain futur ?
Maintenant que notre tour est arrivé,
Notre amour est balayé par le vent à vive allure.
C’est à croire qu’il n’a jamais existé,
Car dès le début, il avait déjà connu l’usure.

Ahmed ARARBI

Avec l'aimable permission de l'auteur

Publlié le 15 septembre a Paris chez les éditions EDILIVRE
dans un recueil de poésie intitulé "le regard vers le passé"





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Chanson d'automne

September 22, 2014 Rasel Rana 0 Comments

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.

Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure

Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.

Paul VERLAINE (1844-1896)
John Atkinson Grimshaw (1836- 1893)
November Afternoon, Stapleton Park
John Atkinson Grimshaw (1836- 1893)

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Somewhere in time's own space

September 16, 2014 Rasel Rana 0 Comments

Somewhere in time's own space
There must be some sweet pastured place
Where creeks sing on and tall trees grow
Some paradise where horses go,
For by the love that guides my pen
I know great horses live again.

Stanley Harrison, breeder, trainer, poet 1889-1980 

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Wild Horses in Dartmoor National Park (England)

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Glastonbury

September 12, 2014 Rasel Rana 0 Comments

O three times famous isle, where is that place that might
Be with thyself compared for glory and delight,
Whilst Glastonbury stood? exalted to that pride,
Whose monastery seemed all other to deride:
O, who thy ruin sees, whom wonder doth not fill
With their great fathers' pomp, devotion, and their skill?
Thou more than mortal power (this judgment rightly weighed),
Then present to assist, at that foundation laid;
On whom for this sad waste should justice lay the crime?
Is there a power in fate, or doth it yield to time?
Or was there error such, that thou couldst not protect
Those buildings which thy hand did with their zeal erect?
To whom didst thou commit that monument to keep,
That suffered with the dead their memory to sleep,
When not great Arthur's tomb nor holy Joseph's grave
From sacrilege had power their sacred bones to save?
He who that God in man to his sepulchre brought,
Or he which for the faith twelve famous battles fought.
What! did so many kings do honour to that place,
For avarice at last so vilely to deface?
For reverence to that seat which had ascribed been,
Trees yet in winter bloom, and bear their summer's green.

Michael Drayton (1563 - 1631)

Glastonbury Abbey

 

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Amitié. À Mlle N***

September 10, 2014 Rasel Rana 0 Comments

Je connais un petit ange
Lequel n'a jamais mouillé
Sa blanche robe à la fange
Dont notre monde est souillé.

C'est lui qui donne le change
Au pauvre cœur dépouillé
Que l'amour, vautour étrange,
D'un bec cruel a fouillé.

Cet ange, qui vous ressemble,
Sous son aile nous rassemble :
C'est la divine Amitié.

Son regard est doux et calme ;
Il m'offre sa chaste palme…
En voulez-vous la moitié ?

Louis Honoré Fréchette (1839 –  1908)

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J’AI VU

September 08, 2014 Rasel Rana 0 Comments

J’ai vu les couleurs de l’ironie
J’ai connu les degrés de la haine
Et j’ai entendu des violons
Qui s’accordaient
Pour la symphonie de la douleur …
J’ai vu une géante araignée
Répandre sa toile sur une ville
Longtemps muette
Longtemps bâillonnée
Longtemps ligotée
J’ai vu la ville
Prisonnière dans une cage d’insouciance …
Seul à seul
Moi et l’ennui
Nous allons à la vente aux enchères
De la rage et de la folie …
De la misère aussi
Jai vu un homme
Assister fièrement au défilé des escargots
J’ai vu un homme
Etouffer sa colère et taire sa plainte
J’ai vu un homme ……Saigner à blanc
J’ai vu un homme
Pénétrer dans le silence …
Seul à seul
Moi et l’ennui
Nous frappons à la porte
Du souvenir mutilé
De l’oubli
De l’amnésie
J’ai vu une femme
Pour des complots de sexe
Prendre un bain
Dans l’urine des crapauds
J’ai vu une femme
Essayer de transformer la réalité
A la recherche d’une consolation
J’ai vu une femme déçue …
J’ai vu une femme ….Epuiser ses larmes
Seul à seul
Moi et l’ennui
Nous luttons
Mais au fond de moi
Des choses se tordent et se déchirent …

J’ai vu un enfant
Surnommé « ordure «
J’ai vu un enfant
Maudire un soleil indifférent
Qui ne réchauffe plus son corps froid
J’ai entendu sa voix qui s’élevait
Puis se taisait , désespérée
J’ai entendu ses cris éclater dans le vide
J’ai vu un enfant
Mourir
Plein de songes , plein d’ espérances …
Seul à seul
Moi et l’ennui
Nous rêvons de changer la ville
En une blague
Un rire
Un cri … électrique

Noureddine Neggaz - poème de son recueil « CHANTS DU CORPS » paru en Mai 2014

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