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Fire and Ice

September 20, 2013 Rasel Rana 0 Comments

Some say the world will end in fire,
Some say in ice.
From what I've tasted of desire
I hold with those who favor fire.
But if it had to perish twice,
I think I know enough of hate
To say that for destruction ice
Is also great
And would suffice.

Robert Frost

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The Lake Isle of Innisfree

September 20, 2013 Rasel Rana 0 Comments

I will arise and go now, and go to Innisfree,
And a small cabin build there, of clay and wattles made:
Nine bean-rows will I have there, a hive for the honeybee,
And live alone in the bee-loud glade.

And I shall have some peace there, for peace comes dropping slow,
Dropping from the veils of the morning to where the cricket sings;
There midnight's all a glimmer, and noon a purple glow,
And evening full of the linnet's wings.

I will arise and go now, for always night and day
I hear lake water lapping with low sounds by the shore;
While I stand on the roadway, or on the pavements grey,
I hear it in the deep heart's core.

William Butler Yeats

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Lassitude

September 16, 2013 Rasel Rana 0 Comments

Je traîne à chaque pas un boulet trop lourd
Fait de regrets, d'ennuis, de souvenirs moroses ;
Mais parfois, remembrant mes plus vieilles amours
Je trouve un doux parfum aux plus tristes des choses.

D'autres fois, le plus souvent quand s'abîme le jour,
Je me sens seul, en proie à un cafard sans cause,
Seul et veule et sans joie, invoquant le secours
D'un sourire défunt qui vaincrait ma névrose.

Etreintes et aveux où donc vous trouvez-vous ?
Sans vous je ne veux que pleurer ma peine amère.
Car le temps est parti portant je ne sais où

Tout ce que j'eus en moi de tendre et de sincère
Echos d'un murmure et reflets d'un souvenir,
Mes rêves les plus doux, mes plus fougueux désirs.

 

Birago Diop (11 Decembre, 1906 - 10 Novembre 1989)

 

Extrait du livre "Leurres et Lueurs"

Source:  biragodiop.com/

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Jean-Marie Flémal

September 15, 2013 Rasel Rana 0 Comments

Jean-Marie Flémal, né à Liège (B), le 30 mai 1950. Linguiste et traducteur littéraire. Vit à Charleroi (B). Marié, pas d’enfants. Publications : « Boulevard de la Déglingue », 1976, poèmes, yBy, (B). « Théo D’Hooghe », 1979, essai, Maison de la Culture de Charleroi, (B). « Solo Flight », 1983, poèmes, Puzzle, (B). « Retour aux terres froides », 1999, poème, Les ةditeurs Catastrophés, (B)

 

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La bergère du silence

September 15, 2013 Rasel Rana 2 Comments

J’adore la profondeur et l’ampleur du silence !
Quand il me ceint l’ouïe d’une aura de mystère,
Le vide devient musique et avale les misères
Des heures sans parfums et des fades ambiances.
Je voudrais embrasser les déserts aériens,
Rejoindre les nuages cotonneux et légers,
Voler au ciel bleu ses hauteurs et sa paix
Et m’en faire une paire d’ailes de blanc vélin.
Epouser du silence la transe et les rythmiques,
N’entendre que le chant des vents dans les vallées,
Percevoir de la brise les venues et allers
Sur les flans séduisants de montagnes mystiques.
J’aimerais bien devenir la bergère du silence,
En saisir la jouissance dans ses moments magiques
D’absence d’assonances phoniques ou symphoniques
Cherchant l’harmonie loin des tumultueuses nuisances.
Mon troupeau serait fait de brassées de mutisme,
De belles touffes tressées de lumière et de calme
Que la tranquillité éloigne du vacarme
Des bêlements sonores ignares des aphorismes.
Ma flûte traversière mieux que celle de Pan
Fera vibrer le vent traversier, et ma lyre
Composera des chants avec les fins murmures
Du zéphyr alizé célébrant les amants.

Khadija Elhamrani , Agadir, Samedi 06/10/12 à 21h46.

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Je rêvais de toucher

September 14, 2013 Rasel Rana 0 Comments

Je rêvais de toucher la tristesse du monde
au bord désenchanté d’un étrange marais
je rêvais d’une eau lourde où je retrouverais
les chemins égarés de ta bouche profonde

j’ai senti dans mes mains un animal immonde
échappé à la nuit d’une affreuse forêt
et je vis que c’était le mal dont tu mourais
que j’appelle en riant la tristesse du monde

une lumière folle un éclat de tonnerre
un rire libérant ta longue nudité
une immense splendeur enfin m’illuminèrent

et je vis ta douleur comme une charité
rayonnant dans la nuit la longue forme claire
et le cri de tombeau de ton infinité."

Georges Bataille (10 Septembre 1897 – 9 Juillet 1962)

Source: The Yale Anthology of Twentieth-century French Poetry

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First Love

September 12, 2013 Rasel Rana 0 Comments

I ne'er was struck before that hour
With love so sudden and so sweet,
Her face it bloomed like a sweet flower
And stole my heart away complete.
My face turned pale as deadly pale.
My legs refused to walk away,
And when she looked, what could I ail?
My life and all seemed turned to clay.

And then my blood rushed to my face
And took my eyesight quite away,
The trees and bushes round the place
Seemed midnight at noonday.
I could not see a single thing,
Words from my eyes did start --
They spoke as chords do from the string,
And blood burnt round my heart.

Are flowers the winter's choice?
Is love's bed always snow?
She seemed to hear my silent voice,
Not love's appeals to know.
I never saw so sweet a face
As that I stood before.
My heart has left its dwelling-place
And can return no more

John Clare (13 July 1793 – 20 May 1864)


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POÈMES PÉRISSABLES

September 09, 2013 Rasel Rana 1 Comments

 

Je recueille bout par bout
ce qui subsiste en moi
Tessons de colère
lambeaux de passion
escarbilles de joie
Je couds, colle et cautérise
Abracadabra !
Je suis de nouveau debout
Pour quelle autre bataille ?

Quand le quotidien m'use
je m'abuse
en y mettant mon grain d'ironie
Voici le chat
et voici la souris
Auteur méconnu de dessins animés
je suis

Laver son cœur
le faire sécher
le repasser
le suspendre sur un cintre
Ne pas le replacer tout de suite
dans sa cage
Attendre
la clé charnelle de la vision
l'impossible retour
le dénouement de l'éternité

De cette feuille
dite vierge
que sortira-t-il
Un bouton de seringa
ou une fleur carnivore ?

C'est moi qui tremble

(Copyright © 2004)  Abdellatif Laâbi

(Éditions de la Différence, 2000)

 

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Sudique

September 08, 2013 Rasel Rana 0 Comments

que je crée par la pluie et les éboulis
que je transforme en lait nuptial pour des
noces de torrents(..)
Sudique
percée d'oubli soudain par des troupes ferventes
de poèmes
qui font éclater chaque pierre sous mes pieds
quand mon corps bée
entre des mains bleues
entre les flûtes
Sudique sur un pic miraculeux
couleuvre jeune récitant des piétinements sans histoire(..)
et ces tristes airs d'abandon et de haine
ces crieurs ces goumiers qui traînent
leur vie mortelle
ces Phéniciens ces nus voraces
Sudique de rutilance et de scorpions
sur tes seins enroulés fermes
et ce maudit esclave qui crache dans ton ombre.

(Ce Maroc !, Le Seuil, 1975, p. 29-31)

Mohammed Khaïr-Eddine

 

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Adieu !

September 07, 2013 Rasel Rana 0 Comments

Adieu ! je crois qu’en cette vie
Je ne te reverrai jamais.
Dieu passe, il t’appelle et m’oublie ;
En te perdant je sens que je t’aimais.

Pas de pleurs, pas de plainte vaine.
Je sais respecter l’avenir.
Vienne la voile qui t’emmène,
En souriant je la verrai partir.

Tu t’en vas pleine d’espérance,
Avec orgueil tu reviendras ;
Mais ceux qui vont souffrir de ton absence,
Tu ne les reconnaîtras pas.

Adieu ! tu vas faire un beau rêve
Et t’enivrer d’un plaisir dangereux ;
Sur ton chemin l’étoile qui se lève
Longtemps encor éblouira tes yeux.

Un jour tu sentiras peut-être
Le prix d’un coeur qui nous comprend,
Le bien qu’on trouve à le connaître
Et ce qu’on souffre en le perdant.

Alfred de Musset (1810-1857)
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( in Poésies Nouvelles, 1839 )
- - -
source  Gallica

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A Matija Čop

September 06, 2013 Rasel Rana 0 Comments

Recevez donc, mânes de l'ami chéri!
qui dort tôt au tombeau, mon chant que voilà:
de son très brusque départ il me consola,
il m'a la vieille plaie de l'amour guéri.

Brièveté de nos doux liens, dis aux esprits
combien peu sont nombreux les jours d'éclat,
qu'heureux est celui, qui avec Bogomila
d'espoir du bonheur d'outre-tombe et pris.

J'ai enterré toutes mes pensées altières.
les douleurs de tous mes désirs inouïs,
tel Črtomira l'espoir du bonheur sur terre;

Jour clair, jour sombre vont dans la nuit,
coeur gai, ou malade, coeur qui se serre
trouveront la paix dans le tombal puits.

France PREŠEREN (1800 - 1849)

in L'ULTIME AIMÉE
Poèmes - choix et traduction
Kolja Mićević, Editions Kolja Mićević

pour en savoir plus sur France PREŠEREN : cliquez ici

pour en savoir plus sur Matija Čop: cliquez ici


 

 

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Paysages

September 05, 2013 Rasel Rana 0 Comments

L'air est trois fois léger. Sous le ciel trois fois pur,
Le vieux bourg qui s'effrite en ses noires murailles
Ce clair matin d'hiver sourit sous ses pierrailles
À ses monts familiers qui rêvent dans l'azur...

Une dalle encastrée, en son latin obscur,
Parle après deux mille ans d'antiques funérailles.
César passait ici pour gagner ses batailles,
Un oiseau du printemps chante sur le vieux mur...

Bruissante sous l'ombre en dentelle d'un arbre,
La fontaine sculptée en sa vasque de marbre
Fait briller au soleil quatre filets d'argent.

Et pendant qu'à travers la marmaille accourue
La diligence jaune entre dans la grand'rue,
La tour du signador jette l'heure en songeant.

II

L'horloger, pâle et fin, travaille avec douceur ;
Vagues, le seuil béant, somnolent les boutiques ;
Et d'un trottoir à l'autre ainsi qu'aux temps antiques
Les saluts du matin échangent leur candeur.

Panonceaux du notaire et plaque du docteur...
À la fontaine un gars fait boire ses bourriques ;
Et vers le catéchisme en files symétriques
Des petits enfants vont, conduits par une soeur.

Un rayon de soleil dardé comme une flèche
Fait tout à coup chanter une voix claire et fraîche
Dans la ruelle obscure ainsi qu'un corridor.

De la montagne il sort des ruisselets en foule,
Et partout c'est un bruit d'eau vive qui s'écoule
De l'aube au front d'argent jusqu'au soir aux yeux d'or.

III

Le ciel rouge et doré par degrés a pâli ;
Les oliviers d'argent frémissent ; l'herbe ondule ;
Rose au front, la montagne à sa base accumule
De grands blocs transparents de lapis-lazuli.

C'est le retour des champs... une étoile a frémi.
Dans l'air une douceur de Bethléem circule.
L'homme est à pied ; la femme assise sur la mule
Berce sous son manteau son enfant endormi.

Et partout, sur le front portant en équilibre
Des mannes où l'odeur des violettes vibre,
Par la grand'route grise et par les sentiers bruns,

Des femmes, que l'instant et leur marche rend belles,
Passent avec lenteur en laissant derrière elles
Le divin crépuscule empli de longs parfums.

IV

Voici les vieux métiers : le cuir, le fer, le bois,
La chanson d'établi dans les copeaux éclose ;
Le marteau sur l'enclume, et le fer chaud qu'on pose,
Et cet osier qui court flexible entre les doigts.

Ah ! Vivre ici pareil au ciel changeant des mois ! ...
La ville a pour ceinture un clair jardin de roses
Ah ! Vivre ici parmi l'innocence des choses,
Près de la bonne terre, et loin des tristes lois.

Ô songe d'une vie heureuse et monotone !
Bon pain quotidien ; lait pur ; conscience bonne ;
Simplicité des coeurs levés avant le jour...

Oui, mais qui sait, hélas ! Peut-être quels mystères
Même ici, trame, aux nuits d'orage et d'adultères,
Ce vieux couple éternel, l'Avarice et l'Amour ?

Albert SAMAIN (1858-1900)

“Le Chariot D’Or”

Librairie des Amateurs
A. Ferroud – F. Ferroud, Successeur
127, Boulevard Saint-Germain – 1907

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L'Esté

September 02, 2013 Rasel Rana 0 Comments

Environné de feux, et couvert de lumiere,
Tu sorts de l'Ocean, Astre de l'Univers ;
Et des premiers rayons, de ta clarté premiere,
Tu m'echauffes l'esprit, et m'inspires ces Vers.

Tu brilles de splendeur ; tu brusles toutes choses ;
Les Vallons les plus frais, en vain t'ont resisté :
Tu fais languir les Lis ; tu fais mourir les Roses ;
Et la Neige est fonduë, aux chaleurs de l'Esté.

L'air est estincelant ; la terre est dessechée ;
La Palme la plus fiere, a la teste panchée ;
Le Laurier le plus vert, resiste vainement :

Tout fume ; tout perit ; par la celeste flame ;
Mais la plus vive ardeur d'un tel embrazement,
M'incommode bien moins que celle de mon ame.

Georges de Scudéry (1601-1667)
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( in Poésies diverses, Paris 1649 )
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source Gallica - pour en savoir plus sur Georges de Scudéry : cliquez ici ou cliquez là
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Helas combien de jours...

September 01, 2013 Rasel Rana 0 Comments

Helas combien de jours, helas combien de nuicts
J'ay vescu loing du lieu, où mon cueur fait demeure !
C'est le vingtiesme jour que sans jour je demeure,
Mais en vingt jours j'ay eu tout un siecle d'ennuis.

Je n'en veux mal qu'à moy, malheureux que je suis,
Si je souspire en vain, si maintenant j'en pleure,
C'est que, mal-advisé, je laissay en mal'heure
Celle la que laisser nulle part je ne puis.

J'ay honte que desja ma peau decolouree
Se voit par mes ennuis de rides labourée :
J'ay honte que desja les douleurs inhumaines

Me blanchissent le poil sans le congé du temps :
Encore moindre je suis au compte de mes ans,
Et desja je suis vieux au compte de mes peines.

Etienne de la Boétie (1530-1563)
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(in Vers françois de feu Estienne de la Boëtie, (publiés par Montaigne), Paris 1571)
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source Gallica - pour en savoir plus sur Etienne de la Boétie : cliquez ici
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