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Darkness and Light

December 24, 2012 Rasel Rana 0 Comments

To break out of the chaos of my darkness
Into a lucid day is all my will.
My words like eyes in night, stare to reach
A centre for their light: and my acts thrown
To distant places by impatient violence
Yet lock together to mould a path of stone
Out of my darkness into a lucid day.


Stephen Spender (1909–1995)
- - -
Extract from : The Still Centre, 1935

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La Nuit de Décembre

December 18, 2012 Rasel Rana 0 Comments

LE POÈTE


Du temps que j'étais écolier,
Je restais un soir à veiller
Dans notre salle solitaire.
Devant ma table vint s'asseoir
Un pauvre enfant vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.


Son visage était triste et beau :
A la lueur de mon flambeau,
Dans mon livre ouvert il vint lire.
Il pencha son front sur sa main,
Et resta jusqu'au lendemain,
Pensif, avec un doux sourire.


Comme j'allais avoir quinze ans
Je marchais un jour, à pas lents,
Dans un bois, sur une bruyère.
Au pied d'un arbre vint s'asseoir
Un jeune homme vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.


Je lui demandai mon chemin ;
Il tenait un luth d'une main,
De l'autre un bouquet d'églantine.
Il me fit un salut d'ami,
Et, se détournant à demi,
Me montra du doigt la colline.


A l'âge où l'on croit à l'amour,
J'étais seul dans ma chambre un jour,
Pleurant ma première misère.
Au coin de mon feu vint s'asseoir
Un étranger vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.


Il était morne et soucieux ;
D'une main il montrait les cieux,
Et de l'autre il tenait un glaive.
De ma peine il semblait souffrir,
Mais il ne poussa qu'un soupir,
Et s'évanouit comme un rêve.


A l'âge où l'on est libertin,
Pour boire un toast en un festin,
Un jour je soulevais mon verre.
En face de moi vint s'asseoir
Un convive vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.


Il secouait sous son manteau
Un haillon de pourpre en lambeau,
Sur sa tête un myrte stérile.
Son bras maigre cherchait le mien,
Et mon verre, en touchant le sien,
Se brisa dans ma main débile.


Un an après, il était nuit ;
J'étais à genoux près du lit
Où venait de mourir mon père.
Au chevet du lit vint s'asseoir
Un orphelin vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.


Ses yeux étaient noyés de pleurs ;
Comme les anges de douleurs,
Il était couronné d'épine ;
Son luth à terre était gisant,
Sa pourpre de couleur de sang,
Et son glaive dans sa poitrine.


Je m'en suis si bien souvenu,
Que je l'ai toujours reconnu
A tous les instants de ma vie.
C'est une étrange vision,
Et cependant, ange ou démon,
J'ai vu partout cette ombre amie.


Lorsque plus tard, las de souffrir,
Pour renaître ou pour en finir,
J'ai voulu m'exiler de France ;
Lorsqu'impatient de marcher,
J'ai voulu partir, et chercher
Les vestiges d'une espérance ;


A Pise, au pied de l'Apennin ;
A Cologne, en face du Rhin ;
A Nice, au penchant des vallées ;
A Florence, au fond des palais ;
A Brigues, dans les vieux chalets ;
Au sein des Alpes désolées ;


A Gênes, sous les citronniers ;
A Vevey, sous les verts pommiers ;
Au Havre, devant l'Atlantique ;
A Venise, à l'affreux Lido,
Où vient sur l'herbe d'un tombeau
Mourir la pâle Adriatique ;


Partout où, sous ces vastes cieux,
J'ai lassé mon coeur et mes yeux,
Saignant d'une éternelle plaie ;
Partout où le boiteux Ennui,
Traînant ma fatigue après lui,
M'a promené sur une claie ;


Partout où, sans cesse altéré
De la soif d'un monde ignoré,
J'ai suivi l'ombre de mes songes ;
Partout où, sans avoir vécu,
J'ai revu ce que j'avais vu,
La face humaine et ses mensonges ;


Partout où, le long des chemins,
J'ai posé mon front dans mes mains,
Et sangloté comme une femme ;
Partout où j'ai, comme un mouton,
Qui laisse sa laine au buisson,
Senti se dénuder mon âme ;


Partout où j'ai voulu dormir,
Partout où j'ai voulu mourir,
Partout où j'ai touché la terre,
Sur ma route est venu s'asseoir
Un malheureux vêtu de noir,
Qui me ressemblait comme un frère.


Qui donc es-tu, toi que dans cette vie
Je vois toujours sur mon chemin ?
Je ne puis croire, à ta mélancolie,
Que tu sois mon mauvais Destin.
Ton doux sourire a trop de patience,
Tes larmes ont trop de pitié.
En te voyant, j'aime la Providence.
Ta douleur même est soeur de ma souffrance ;
Elle ressemble à l'Amitié.


Qui donc es-tu ? - Tu n'es pas mon bon ange,
Jamais tu ne viens m'avertir.
Tu vois mes maux (c'est une chose étrange !)
Et tu me regardes souffrir.
Depuis vingt ans tu marches dans ma voie,
Et je ne saurais t'appeler.
Qui donc es-tu, si c'est Dieu qui t'envoie ?
Tu me souris sans partager ma joie,
Tu me plains sans me consoler !


Ce soir encor je t'ai vu m'apparaître.
C'était par une triste nuit.
L'aile des vents battait à ma fenêtre ;
J'étais seul, courbé sur mon lit.
J'y regardais une place chérie,
Tiède encor d'un baiser brûlant ;
Et je songeais comme la femme oublie,
Et je sentais un lambeau de ma vie
Qui se déchirait lentement.


Je rassemblais des lettres de la veille,
Des cheveux, des débris d'amour.
Tout ce passé me criait à l'oreille
Ses éternels serments d'un jour.
Je contemplais ces reliques sacrées,
Qui me faisaient trembler la main :
Larmes du coeur par le coeur dévorées,
Et que les yeux qui les avaient pleurées
Ne reconnaîtront plus demain !


J'enveloppais dans un morceau de bure
Ces ruines des jours heureux.
Je me disais qu'ici-bas ce qui dure,
C'est une mèche de cheveux.
Comme un plongeur dans une mer profonde,
Je me perdais dans tant d'oubli.
De tous côtés j'y retournais la sonde,
Et je pleurais, seul, loin des yeux du monde,
Mon pauvre amour enseveli.


J'allais poser le sceau de cire noire
Sur ce fragile et cher trésor.
J'allais le rendre, et, n'y pouvant pas croire,
En pleurant j'en doutais encor.
Ah ! faible femme, orgueilleuse insensée,
Malgré toi, tu t'en souviendras !
Pourquoi, grand Dieu ! mentir à sa pensée ?
Pourquoi ces pleurs, cette gorge oppressée,
Ces sanglots, si tu n'aimais pas ?


Oui, tu languis, tu souffres, et tu pleures ;
Mais ta chimère est entre nous.
Eh bien ! adieu ! Vous compterez les heures
Qui me sépareront de vous.
Partez, partez, et dans ce coeur de glace
Emportez l'orgueil satisfait.
Je sens encor le mien jeune et vivace,
Et bien des maux pourront y trouver place
Sur le mal que vous m'avez fait.


Partez, partez ! la Nature immortelle
N'a pas tout voulu vous donner.
Ah ! pauvre enfant, qui voulez être belle,
Et ne savez pas pardonner !
Allez, allez, suivez la destinée ;
Qui vous perd n'a pas tout perdu.
Jetez au vent notre amour consumée ; -
Eternel Dieu ! toi que j'ai tant aimée,
Si tu pars, pourquoi m'aimes-tu ?


Mais tout à coup j'ai vu dans la nuit sombre
Une forme glisser sans bruit.
Sur mon rideau j'ai vu passer une ombre ;
Elle vient s'asseoir sur mon lit.
Qui donc es-tu, morne et pâle visage,
Sombre portrait vêtu de noir ?
Que me veux-tu, triste oiseau de passage ?
Est-ce un vain rêve ? est-ce ma propre image
Que j'aperçois dans ce miroir ?


Qui donc es-tu, spectre de ma jeunesse,
Pèlerin que rien n'a lassé ?
Dis-moi pourquoi je te trouve sans cesse
Assis dans l'ombre où j'ai passé.
Qui donc es-tu, visiteur solitaire,
Hôte assidu de mes douleurs ?
Qu'as-tu donc fait pour me suivre sur terre ?
Qui donc es-tu, qui donc es-tu, mon frère,
Qui n'apparais qu'au jour des pleurs ?


LA VISION


- Ami, notre père est le tien.
Je ne suis ni l'ange gardien,
Ni le mauvais destin des hommes.
Ceux que j'aime, je ne sais pas
De quel côté s'en vont leurs pas
Sur ce peu de fange où nous sommes.


Je ne suis ni dieu ni démon,
Et tu m'as nommé par mon nom
Quand tu m'as appelé ton frère ;
Où tu vas, j'y serai toujours,
Jusques au dernier de tes jours,
Où j'irai m'asseoir sur ta pierre.


Le ciel m'a confié ton coeur.
Quand tu seras dans la douleur,
Viens à moi sans inquiétude.
Je te suivrai sur le chemin ;
Mais je ne puis toucher ta main,
Ami, je suis la Solitude.


Alfred de MUSSET (1810-1857)


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La Fin - The End - Το Τέλος

December 15, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Dimitris P. Kraniotis/ Δημήτρης Π. Κρανιώτης


La Fin


Le goût des fruits
ne part pas
de ma bouche,
mais la tristesse des mots
détruit les nuages
et presse la neige
comptant les cailloux.
Mais toi,
tu m’as pas dit
pourquoi tu m’as trompe,
pourquoi avec la peine
et l’injuste tu voudrais
dire, que la fin
se brûle toujours
avec des larmes.


The  End


The savour of fruits
still remains
in my mouth,
but the bitterness of words
demolishes the clouds
and wrings the snow
counting the pebbles.
But you never told me
why you deceived me,
why with pain
and injustice did you desire
to say that the end
always in tears
is cast to flames.


Το Τέλος


Η γεύση των φρούτων
δεν φεύγει
απ' το στόμα μου,
μα η πίκρα των λόγων
γκρεμίζει τα σύννεφα
και στύβει το χιόνι,
μετρώντας τα βότσαλα.
Μα εσύ
δεν μου είπες
γιατί με ξεγέλασες,
γιατί με τον πόνο
και τ' άδικο θέλησες,
να πεις πως το τέλος
πάντα με δάκρυα
καίγεται.

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The Raven

November 24, 2012 Rasel Rana 0 Comments


Edgar Allan Poe (born Edgar Poe; January 19, 1809 – October 7, 1849)


Once upon a midnight dreary, while I pondered, weak and weary,
Over many a quaint and curious volume of forgotten lore,
While I nodded, nearly napping, suddenly there came a tapping,
As of some one gently rapping, rapping at my chamber door.
''Tis some visitor,' I muttered, 'tapping at my chamber door-
Only this, and nothing more.'


Ah, distinctly I remember it was in the bleak December,
And each separate dying ember wrought its ghost upon the floor.
Eagerly I wished the morrow;- vainly I had sought to borrow
From my books surcease of sorrow- sorrow for the lost Lenore-
For the rare and radiant maiden whom the angels name Lenore-
Nameless here for evermore.


And the silken sad uncertain rustling of each purple curtain
Thrilled me- filled me with fantastic terrors never felt before;
So that now, to still the beating of my heart, I stood repeating,
''Tis some visitor entreating entrance at my chamber door-
Some late visitor entreating entrance at my chamber door;-
This it is, and nothing more.'


Presently my soul grew stronger; hesitating then no longer,
'Sir,' said I, 'or Madam, truly your forgiveness I implore;
But the fact is I was napping, and so gently you came rapping,
And so faintly you came tapping, tapping at my chamber door,
That I scarce was sure I heard you'- here I opened wide the door;-
Darkness there, and nothing more.


Deep into that darkness peering, long I stood there wondering,
fearing,
Doubting, dreaming dreams no mortals ever dared to dream before;
But the silence was unbroken, and the stillness gave no token,
And the only word there spoken was the whispered word, 'Lenore!'
This I whispered, and an echo murmured back the word, 'Lenore!'-
Merely this, and nothing more.


Back into the chamber turning, all my soul within me burning,
Soon again I heard a tapping somewhat louder than before.
'Surely,' said I, 'surely that is something at my window lattice:
Let me see, then, what thereat is, and this mystery explore-
Let my heart be still a moment and this mystery explore;-
'Tis the wind and nothing more.'


Open here I flung the shutter, when, with many a flirt and
flutter,
In there stepped a stately raven of the saintly days of yore;
Not the least obeisance made he; not a minute stopped or stayed
he;
But, with mien of lord or lady, perched above my chamber door-
Perched upon a bust of Pallas just above my chamber door-
Perched, and sat, and nothing more.


Then this ebony bird beguiling my sad fancy into smiling,
By the grave and stern decorum of the countenance it wore.
'Though thy crest be shorn and shaven, thou,' I said, 'art sure no
craven,
Ghastly grim and ancient raven wandering from the Nightly shore-
Tell me what thy lordly name is on the Night's Plutonian shore!'
Quoth the Raven, 'Nevermore.'


Much I marvelled this ungainly fowl to hear discourse so plainly,
Though its answer little meaning- little relevancy bore;
For we cannot help agreeing that no living human being
Ever yet was blest with seeing bird above his chamber door-
Bird or beast upon the sculptured bust above his chamber door,
With such name as 'Nevermore.'


But the raven, sitting lonely on the placid bust, spoke only
That one word, as if his soul in that one word he did outpour.
Nothing further then he uttered- not a feather then he fluttered-
Till I scarcely more than muttered, 'other friends have flown
before-
On the morrow he will leave me, as my hopes have flown before.'
Then the bird said, 'Nevermore.'


Startled at the stillness broken by reply so aptly spoken,
'Doubtless,' said I, 'what it utters is its only stock and store,
Caught from some unhappy master whom unmerciful Disaster
Followed fast and followed faster till his songs one burden bore-
Till the dirges of his Hope that melancholy burden bore
Of 'Never- nevermore'.'


But the Raven still beguiling all my fancy into smiling,
Straight I wheeled a cushioned seat in front of bird, and bust and
door;
Then upon the velvet sinking, I betook myself to linking
Fancy unto fancy, thinking what this ominous bird of yore-
What this grim, ungainly, ghastly, gaunt and ominous bird of yore
Meant in croaking 'Nevermore.'


This I sat engaged in guessing, but no syllable expressing
To the fowl whose fiery eyes now burned into my bosom's core;
This and more I sat divining, with my head at ease reclining
On the cushion's velvet lining that the lamplight gloated o'er,
But whose velvet violet lining with the lamplight gloating o'er,
She shall press, ah, nevermore!


Then methought the air grew denser, perfumed from an unseen censer
Swung by Seraphim whose footfalls tinkled on the tufted floor.
'Wretch,' I cried, 'thy God hath lent thee- by these angels he
hath sent thee
Respite- respite and nepenthe, from thy memories of Lenore!
Quaff, oh quaff this kind nepenthe and forget this lost Lenore!'
Quoth the Raven, 'Nevermore.'


'Prophet!' said I, 'thing of evil!- prophet still, if bird or
devil!-
Whether Tempter sent, or whether tempest tossed thee here ashore,
Desolate yet all undaunted, on this desert land enchanted-
On this home by horror haunted- tell me truly, I implore-
Is there- is there balm in Gilead?- tell me- tell me, I implore!'
Quoth the Raven, 'Nevermore.'


'Prophet!' said I, 'thing of evil- prophet still, if bird or
devil!
By that Heaven that bends above us- by that God we both adore-
Tell this soul with sorrow laden if, within the distant Aidenn,
It shall clasp a sainted maiden whom the angels name Lenore-
Clasp a rare and radiant maiden whom the angels name Lenore.'
Quoth the Raven, 'Nevermore.'


'Be that word our sign in parting, bird or fiend,' I shrieked,
upstarting-
'Get thee back into the tempest and the Night's Plutonian shore!
Leave no black plume as a token of that lie thy soul hath spoken!
Leave my loneliness unbroken!- quit the bust above my door!
Take thy beak from out my heart, and take thy form from off my
door!'
Quoth the Raven, 'Nevermore.'


And the Raven, never flitting, still is sitting, still is sitting
On the pallid bust of Pallas just above my chamber door;
And his eyes have all the seeming of a demon's that is dreaming,
And the lamplight o'er him streaming throws his shadow on the
floor;
And my soul from out that shadow that lies floating on the floor
Shall be lifted- nevermore!




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Je l'ai promis

November 23, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Tu me reprends ton amitié :
Je n'ai donc plus rien dans le monde,
Rien que ma tristesse profonde.
N'en souffris-tu que la moitié,
Toi, dans ta mobile amitié,
Va ! Je plaindrai ta vie amère.
Que Dieu pour l'amour de sa mère,
Ou pour moi, te prenne en pitié !


On ne commande pas l'amour :
Il n'obéit pas, il se donne ;
Voilà pourquoi je te pardonne :
Mais tu m'as tant aimée un jour
Que j'en demeurai tout amour.
Pour une autre as-tu fait de même ?
Aime donc longtemps, si l'on t'aime :
C'est mortel quand ce n'est qu'un jour.


Et ma part de bonheur promis,
Comme aux plus humbles de la terre,
Bonheur qu'avec un saint mystère
Entre tes mains j'avais remis,
Dans l'abandon d'un coeur soumis ;
Si j'en résigne le partage,
C'est pour t'en laisser davantage :
Rien pour moi, rien ! Je l'ai promis.


Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859)

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Son et Lumière

November 07, 2012 Rasel Rana 0 Comments

England's petite nautical Norman church, St Nicholas.
A high altar apex oasis, green Uphill downs
Sound swept by howling savanna winds.
Wondrous panoramic views, fluttering Chalkhill Blues.
A time out of time, sweet Aromatic Thyme.
Dark Viking hours, treading on Yellow Rock Rose.
From the flame, to the crest;
The returning rambling robin constructs her nest.


Seafaring limestone pavement floor, exulting standing tall.
The spirit of the seas, the swashbuckling Weston breeze.
Nature's propellant pulse, ascending a marine shell sorrow.
Nay, the morrow embraces thick round twig hedges
Spaced in abandonment, like a lonely glacier lake
Awaiting the caressing dance of Easter's green wake.


Anthony Keyes 
"
With the kind permission of the author


from the book "Poetic Realms: Including the Weston-super-Mare Seashore "


Published by Atlantique (3 May 1999)



Photo: St Nicholas Church
Weston-super-Mare


(Source: Private)


 

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Mythomane

November 02, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Il me parle faussement détaché
d’angoisse et de bitume qui colle
il tourne autour de son cou
deux fois sa longue écharpe


ses lunettes solaires réfléchissantes
aveuglent son regard blanc
même au plus clair du jour
et il fait maintenant nuit pleine


il lui faut un casque pour son blues
et les néons gueulards de la rue
ne lui suffisent pas
pour saisir son tempo :
il vit à contre-jour
il respire à contretemps


il n’a jamais vu la vie
autrement qu’en ancien voyou
trop lâche pour la prison :
il n’en serait jamais revenu


c’est une sorte de taulard
enfermé hors les murs
et qui puise son courage
dans le son de sa voix
et de ses propres mensonges


ses mythes ont fait long feu :
le ghetto qu’il s’est créé
limite à jamais son imagination
même entre ses deux mains ouvertes
il ne voit qu’un mur


lorsqu’on croirait qu’il danse
ce sont ses parasites mentaux
qui s’agitent en lui en tous sens


la valeur de son monde
se trouve dans la sueur
de ces mains qu’il étreint
et qui sous les lumières du carrefour
projettent toutes la même ombre


Jean-Marie Flémal

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Storm Speech on the Heath

October 30, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Act III, Scene 2 from King Lear


by William Shakespeare (England 1564 - 1616) )


King Lear


Blow, winds, and crack your cheeks! rage! blow!
You cataracts and hurricanoes, spout
Till you have drench’d our steeples, drown’d the cocks!
You sulphurous and thought-executing fires,
Vaunt-couriers to oak-cleaving thunderbolts,
Singe my white head! And thou, all-shaking thunder,
Smite flat the thick rotundity o’ the world!
Crack nature’s moulds, an germens spill at once,
That make ingrateful man!


Fool


O nuncle, court holy-water in a dry
house is better than this rain-water out o’ door.
Good nuncle, in, and ask thy daughters’ blessing:
here’s a night pities neither wise man nor fool.


King Lear


Rumble thy bellyful! Spit, fire! spout, rain!
Nor rain, wind, thunder, fire, are my daughters:
I tax not you, you elements, with unkindness;
I never gave you kingdom, call’d you children,
You owe me no subscription: then let fall
Your horrible pleasure: here I stand, your slave,
A poor, infirm, weak, and despised old man...


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Auprès de quelqu'un qui vous aime

July 23, 2012 Rasel Rana 2 Comments

Auprès de quelqu'un qui vous aime,
S'asseoir enfin et demeurer
Tranquillement, longtemps et même
Sans avoir à se séparer.


Etre assis bien près l'un de l'autre,
Tendres, parfois se regarder,
Sentir une main sur la vôtre
Se poser, prête à vous aider.


Loin des disputes et des rires,
Rêver, rêver ou même lire,
Ou méditer, ou composer,
Mais ne rien dire, oh! ne rien dire...


(9 janvier 1945)


Micheline Maurel (1916 - 2009)


(La Passion selon Ravensbruck - Les Éditions de Minuit p. 57)

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La pluie

July 08, 2012 Rasel Rana 0 Comments

la pluieLongue comme des fils sans fin, la longue pluie
Interminablement, à travers le jour gris,
Ligne les carreaux verts avec ses longs fils gris,
Infiniment, la pluie,
La longue pluie,
La pluie.


Elle s'effile ainsi, depuis hier soir,
Des haillons mous qui pendent,
Au ciel maussade et noir.
Elle s'étire, patiente et lente,
Sur les chemins, depuis hier soir,
Sur les chemins et les venelles,
Continuelle.


Au long des lieues,
Qui vont des champs vers les banlieues,
Par les routes interminablement courbées,
Passent, peinant, suant, fumant,
En un profil d'enterrement,
Les attelages, bâches bombées ;
Dans les ornières régulières
Parallèles si longuement
Qu'elles semblent, la nuit, se joindre au firmament,
L'eau dégoutte, pendant des heures ;
Et les arbres pleurent et les demeures,
Mouillés qu'ils sont de longue pluie,
Tenacement, indéfinie.


Les rivières, à travers leurs digues pourries,
Se dégonflent sur les prairies,
Où flotte au loin du foin noyé ;
Le vent gifle aulnes et noyers ;
Sinistrement, dans l'eau jusqu'à mi-corps,
De grands boeufs noirs beuglent vers les cieux tors ;


Le soir approche, avec ses ombres,
Dont les plaines et les taillis s'encombrent,
Et c'est toujours la pluie
La longue pluie
Fine et dense, comme la suie.


La longue pluie,
La pluie - et ses fils identiques
Et ses ongles systématiques
Tissent le vêtement,
Maille à maille, de dénûment,
Pour les maisons et les enclos
Des villages gris et vieillots :
Linges et chapelets de loques
Qui s'effiloquent,
Au long de bâtons droits ;
Bleus colombiers collés au toit ;
Carreaux, avec, sur leur vitre sinistre,
Un emplâtre de papier bistre ;
Logis dont les gouttières régulières
Forment des croix sur des pignons de pierre ;
Moulins plantés uniformes et mornes,
Sur leur butte, comme des cornes


Clochers et chapelles voisines,
La pluie,
La longue pluie,
Pendant l'hiver, les assassine.


La pluie,
La longue pluie, avec ses longs fils gris.
Avec ses cheveux d'eau, avec ses rides,
La longue pluie
Des vieux pays,
Eternelle et torpide !


Emile Verhaeren (21 May 1855 – 27 November 1916)

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Le silence

July 02, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Le silence est une page blanche


un mur
un mur
un mur
un mur
un mur
un mur
un mur


une ligne droite une ligne droite une ligne droite une ligne droite


Mon silence rime avec fréquence
Ton silence me tue
Son silence m’inquiète
Notre silence de couple veut tout dire
Vos silences nous punissent
Leurs silences ont l’odeur de la mort


Tous ces silences conjugués forment mes maux


Rolland Pauzin – 18 juin 2012

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Le miroir brisé

June 21, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Jacques Prevert (4 February 1900 – 11 April 1977)


Le petit homme qui chantait sans cesse
le petit homme qui dansait dans ma tête
le petit homme de la jeunesse
a cassé son lacet de soulier
et toutes les baraques de la fête
tout d'un coup se sont écroulées
et dans le silence de cette fête
j'ai entendu ta voix heureuse
ta voix déchirée et fragile
enfantine et désolée
venant de loin et qui m'appelait
et j'ai mis ma main sur mon coeur
où remuaient
ensanglantés
les septs éclats de glace de ton rire étoilé.

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The Old Priority

June 11, 2012 Rasel Rana 0 Comments

What mysteries
lie hidden here?
Leaning spire, grey stone walls,
tower, pond and rushes;
heavy doors and cobbled floors,
stone steps spiral
to a loft and tower above;
below, the choir,
the chant now silent;
sanctuary with its barrelled ceiling;
Ogham stone with its Cross
and ancient script;
old gatehouse, dovecote,
cloister, kitchen with its oven,
monks' living quarters
with battlements above;
an ancient well,
stepped ponds,
walled gardens in the valley;
the old mill
with its broken stone,
beds of cress
and running stream.


What history it tells
of holy monks,
Samson, Illtud, Dyfrig,
David, Gildas, Paul of Leon;
of pirates, pilgrims,
Viking raiders,
and lesser men now dead.
Why does the Black Monk
still make his lonely passage
in the night?
And that well, was Pyro
really drunk,
and did he drown there?


Where was that monk bricked up
with the Glastonbury jewels?
Does Paul Jones lie buried
in the bay?
And is there treasure sunk?
What else lies buried deep?
What other secrets
does the Priory keep?


David Hodges

With the kind permisson of the author David Hodges


David Hodges is a monk at the Cistercian Abbey on Caldey Island, off the south coast of Wales. In his collections of poetry he reflects the monastic life of prayer in an island setting. The Islands beauty, woodlands, birds, wild life, flowers, seascape and more are also reflected in his poems. Caldey Island has its own facebook page.

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L’aveuglante réalité

June 09, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Brouillard de jaunes et de feuilles
Perte de droit aux droites
La ligne fuit vers l’horizon inconnu
Les murs noirs se rétrécissent
Le ciel enténébré s’affaisse.
L’image se glace en ce souvenir qu’on espère pérenne
La garder… La garder… La garder…
Sera-t-elle ici demain encore ?
Le temps comme la lumière se fige.
Le mystère s’agrandit
Le miroir disparaît
Chaque son devient distinct comme de l’eau de roche
Chaque toucher devient sensuel comme un doigt d’amour
Chaque odeur ramène un instant passé
Chercher le goût de la vie ?
Il reste la peur de goûter le poison
Il reste la peur
La peur


Rolland Pauzin – 9 juin 2012

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Angélus

June 06, 2012 Rasel Rana 0 Comments

L’après-midi s’épanouit sur ma fenêtre.
Le vent, frôle les feuilles
en leur déployant des ailes.
pendant que la ville est bercée par le vent
avec un chant de crissement frais.
La terre baignée par la pluie de souvenirs
qui restent scellés à ma peau,
ses lèvres sur mes paupières,
embrassées par le bonheur.
Étourdie de la vie.


Diana LICHY

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Réveil

June 03, 2012 Rasel Rana 0 Comments

 


Qu'il y ait de sombres nuages ou que le ciel soit lumineux,
Je suis indifférent au temps lorsque c'est ton soleil qui brille.
Que la pluie tombe sur moi ou que la neige s'étale en couche épaisse sur le sol,
Je mépriserai le torrent et me réjouirai de la morsure de l'hiver.
Et je ne me soucierai pas du vent s'il peut faire plier les arbres à terre
Ou si la nuit jette un voile d'obscurité sur la scène:
Car nous appartenons tous deux comme les couleurs à l'arc-en-ciel
Et nous monterons aux cieux à l'approche de l'aube,
Pour voler sur les ailes des anges jusqu'à la teinte du crépuscule.


Si la lueur du soleil s'efface de la vue les étoiles peuvent-elles briller longtemps?
Alors quand l'obscurité voilera l'heure, tu seras ma lune d'or
Et l'argent des cieux n'éclipsera pas tes yeux.
Quand tu souriras comme le ruisseau étincelant dans cette nuit de clair de lune
Emportant notre trésor parmi les prairies vers la mer,
Et que la lune s'offrira à la lumière du jour,
Le monde s'éveillera à l'aube d'un printemps sans égal
Pour te trouver comme une jacinthe dans une clairière d'un pays boisé
Ou comme une rose en bouton bondissant vers les cieux.


Tu seras ma fleur épanouie et tu ne fermeras jamais tes pétales;
Mais fleuriras comme la rose qui honore le mois de mai éternel.
Quand la nouvelle floraison saluera le bonheur du jour.
Tu danseras avec les rayons bienfaisants du soleil matinal
Qui frappe avec grâce un pétale pour bannir la nuit.
L'aube prêtera un trait éblouissant à l'esprit éveillé,
Dont les yeux ouverts renverront la plénitude de la lumière cristalline,
Scintillant sur la vigueur de ta jeunesse en or,
Coulant comme des rivières d'argent sous un ciel de la pureté du narcisse.


Mais devrais-je renoncer à ce parfait amour
Par peur de perdre ce qui ne peut durer?
Ou prendre cette fleur en bouton sur sa tige
Et les précieux souvenirs des parfums embaumés
Qui devraient transporter dans nos vies à venir?
Les fleurs peuvent s'épanouir et se faner
Et l'aspect de la jeunesse ne brillera pas toujours
Dans la courbe de cette joue vermeille
Mais aucun hiver rigoureux n'effacera ta beauté
Quand un printemps perpétuel est enfermé dans mes bras
Ni un été flamboyant ternir ton teint
Lorsque tu cherches refuge dans mon ombre.


Une abeille a-t-elle butiné autant de nectar, qu'il y en a sur tes lèvres
Ou un rossignol a-t-il chanté comme les sons de ta voix lorsque tu parles?
A-t-on déjà vu une plus belle fleur au printemps,
Une branche a-t-elle porté autant de fruits en été?
Mais nous n'avons pas besoin d'attendre Pâques
Pour que le ciel verse ses lumières sur nous;
Les saisons n'ont pas le pouvoir de diriger nos vies
Quand le domaine des cieux s'ouvre à notre portée.
Nous récolterons les roses en hiver et les heures passeront
En une prière interminable d'amour en nos âmes
Ainsi nous glisserons sur des ailes dorées à travers les années
Et caresserons la lune depuis des tours d'argent.


Traduction: © Gabrielle Laye


AWAKENING


David Paley


Whether there be dark clouds or the sky be bright,
I am proof against all weather when it is your sun that shines.
Let the rain fall upon me, or the snow lie deep upon the ground
I shall scorn the torrent and rejoice in the bite of winter
And care not that the wind may bend the trees to earth
Or night cast a pall of darkness on the scene.
For we belong together as colours to the rainbow
And we will climb the heavens with approaching dawn
To fly on angel wings until the tint of twilight.


If the glow of sunset melts from view, can the stars be long to shine?
Then, when darkness veils the hour, you will be my golden moon
And heavens silver will not outshine your eyes
As you smile like the sparkling brook through that moonlit night
Bearing our treasure through meadows towards the sea.
And when the moon has yielded to the light of day,
The world will awake to the dawn of a rival spring
To find you as a bluebell in the woodland glade
Or as a budding rose that leaps to the skies above.


You will be my flower in bloom and never close your petals up
But will flourish like the rose that graces May forever,
When new formed blossom greets the joy of daytime
To dance within the welcome gleams of the morning sun
That strikes a petal with beauty to banish night.
Dawn will lend a dazzling ray to a waking spirit
Whose open eyes return the measure of the crystal light
Glistening upon that flood of your golden youth
Flowing as silver streams beneath a welcoming sky.


But should I forswear this perfect love
For fear that I may lose what cannot last?
Or shall I hold that flower from bud to reed
And treasure memories of the fragrant scent
That would waft through our life to come?
Flowers may bloom and flowers may fade
And the blush of youth will not glow for ever
Within the orbit of that rosy cheek.
But no raging winter shall deface your beauty
While perpetual spring is clasped within my arms
Nor blazing summer tarnish your complexion
When you seek a refuge within my shade.


Has any bee sipped such nectar as lies upon your lips
Or any nightingale sung the sounds you speak?
Has any fairer blossom been seen in spring
Or any branch borne fuller fruit in summer?
But we need not wait for Eastertide
For the sky to pour its light upon us;
Seasons have no power to direct our lives
When heavens realm lies open within our grasp.
We will gather roses in winter and pass the hours
In everlasting praise of love within our souls
As we glide on golden wings through all the years
And caress the moon from silver towers.


ERWACHEN


David Paley


Gäbe es dunkle Wolken oder sei der Himmel hell,
Bin ich gegen alle Wetter sicher, wenn es deine Sonne ist, die scheint.
Laß den Regen auf mich fallen oder den Schnee tief auf dem Boden liegen!
Ich werde den Sturzbach verachten, und im Biß des Winters jubeln
Und sorge nicht, daß der Wind die Bäume zur Erde biegen wird
Oder Nacht ein Bahrtuch der Dunkelheit auf der Szene setze.
Denn wir gehören zusammen, wie die Farben zum Regenbogen,
Und bei der Annäherung der Morgendämmerung werden wir in Himmel klettern,
Um auf Engelflügeln zu fliegen, bis den Ton der Dämmerung.


Schmelze die Glüt der senkenden Sonne ausser Sicht, könne es lange sein, bis die Sterne funkeln?
Dann, wenn die Dunkelheit die Stunde schleiert, wirst du meinen goldenen Mond
Und das Silber des Himmels wird deine Augen nicht überstrahlen,
Indem du lächelst, wie der glänzende Bach, durch jene Nacht des Mondenscheins,
Der unser Schatz durch Wiesen der See entgegen trägt.
Und wenn der Mond zum Tageslicht gewichen ist,
Wird die Welt zur Morgendämmerung eines anderen Frühlings erwachen,
Um dich als Sternhyazinthe im waldigen Hain zu finden
Oder als eine knosprige Rose, die gen Himmel springt.


Du wirst meine erblühende Blume, und deine Blumenblätter nie zuschliessen
Sondern wie die Rose gedeihen, die den Monat Mai ewig ziert,
Wenn neu gebildete Blüte, die Freude des Tages grüßt,
Um innerhalb des willkommenen Glanz der Morgensonne zu tanzen,
Der ein Blütenblatt trifft, mit einer Schönheit, die die Nacht vertreibt.
Morgendämmerung wird einen blendenden Strahl an einem erweckenden Geist leihen,
Dessen offenen Augen das Maß des krystallinen Lichts erwidern wird,
Das auf dem Flut deiner goldenen Jugend glistert,
Der wie silberne Bäche unter dem Osterglocken Himmel fließt.


Aber soll ich diese vollkommene Liebe abschwören
Aus Fürcht, das ich verlieren könnte, was nicht dauern kann?
Oder soll ich jene Blume von der Knospe bis zum Rohr halten,
Und schätze die Erinnerungen des duftenden Parfums,
Die durch unser kunftiges Leben wehen werden?
Blumen mögen Blühen und Blumen mögen verblühen
Und das Erröten der Jugend wird nicht ewig
Innerhalb des Orbits jener rosigen Wange dauern.
Aber kein tobender Winter wird deine Schönheit verderben,
Während ständiger Frühling innerhalb meinen Armen geschlossen wird,
Oder brennender Sommer deine Gesichtsfarbe beflecken,
Wenn du eine Zuflucht innerhalb meinem Schatten suchst.


Hat jegliche Biene solchen Nektar geschlückt, wie es auf deinen Lippen liegt
Oder jegliche Nachtigall die Töne gesungen, die du sprichst?
Ist jegliche holdere Blüte im Frühling gesehen worden
Oder hat jegliche Ast vollere Früchte im Sommer getragen?
Aber wir brauchen nicht auf Ostern zu warten,
Für den Himmel sein Licht auf uns zu strömen;
Jahreszeiten haben keine Macht, um unser Leben zu dirigieren,
Wenn das Himmelsreich innerhalb unseres Griffs offen liegt.
Wir werden die Rosen im Winter pflücken and die Stunden
Beim ewigen Lob der Liebe innerhalb unserer Seelen verbringen,
Indem wir auf goldenen Flügeln durch alle Jahre gleiten
Und den Mond von silbernen Türmen liebkosen.


Übersetzung: © David Paley


With the kind  permission of David Paley

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Thy gift, thy tables, are within my brain...

May 25, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Thy gift, thy tables, are within my brain
Full charactered with lasting memory,
Which shall above that idle rank remain
Beyond all date even to eternity -


Or at the least, so long as brain and heart
Have faculty by nature to subsist;
Till each to razed oblivion yield his part
Of thee, thy record never can be missed.


That poor retention could not so much hold,
Nor need I tallies thy dear love to score;
Therefore to give them from me was I bold,

To trust those tables that receive thee more.
To keep an adjunct to remember thee
Were to import forgetfulness in me.

William Shakespeare (1564–1616)
- - -
( sonnet 122 )

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Même quand nous dormons

May 21, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Même quand nous dormons nous veillons l'un sur l'autre
Et cet amour plus lourd que le fruit mûr d'un lac
Sans rire et sans pleurer dure depuis toujours
Un jour après un jour une nuit après nous.


(Derniers Poèmes d'amour)


Paul Eluard 14 December (1895 –  1952)

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Lines Written in Early Spring

May 19, 2012 Rasel Rana 0 Comments

I heard a thousand blended notes,
While in a grove I sat reclined,
In that sweet mood when pleasant thoughts
Bring sad thoughts to the mind.




To her fair works did Nature link
The human soul that through me ran;
And much it grieved my heart to think
What man has made of man.


Through primrose tufts, in that green bower,
The periwinkle trailed its wreaths;
And ’tis my faith that every flower
enjoys the air it breathes.


The birds around me hopped and played,
Their thought I cannot measure:—
But the least motion which they made,
It seemed a thrill of pleasure.


The budding twigs spread out their fan,
To catch the breezy air;
And I must think, do all I can,
That there was pleasure there.


If this belief from heaven be sent,
If such be Nature’s holy plan,
Have I not reason to lament
What man has made of man?



William Wordsworth (1770 - 1850)

- - -
( in Lyricals ballads, 1798 )



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Rappelle-toi

May 09, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Rappelle-toi, quand l'Aurore craintive
Ouvre au Soleil son palais enchanté ;
Rappelle-toi, lorsque la nuit pensive
Passe en rêvant sous son voile argenté ;
A l'appel du plaisir lorsque ton sein palpite,
Aux doux songes du soir lorsque l'ombre t'invite,
Ecoute au fond des bois
Murmurer une voix :
Rappelle-toi.

Rappelle-toi, lorsque les destinées
M'auront de toi pour jamais séparé,
Quand le chagrin, l'exil et les années
Auront flétri ce coeur désespéré ;
Songe à mon triste amour, songe à l'adieu suprême !
L'absence ni le temps ne sont rien quand on aime.
Tant que mon coeur battra,
Toujours il te dira
Rappelle-toi.

Rappelle-toi, quand sous la froide terre
Mon coeur brisé pour toujours dormira ;
Rappelle-toi, quand la fleur solitaire
Sur mon tombeau doucement s'ouvrira.
Je ne te verrai plus ; mais mon âme immortelle
Reviendra près de toi comme une soeur fidèle.
Ecoute, dans la nuit,
Une voix qui gémit :
Rappelle-toi.


Alfred de MUSSET (1810-1857)


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Jeunes Filles en Noir (Renoir)

May 01, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Two women, both in black, the widow's veil
is flung across one shoulder, cast aside.
A child's face where sorrow can't prevail,
those sloe-dark eyes more suited to a bride.


The funeral past, she sheds no mourning tear
as she surveys the seething cafe crowd.
What does her confidante say in her ear?
What secret that she dare not say aloud?


A glorious auburn head displays behind;
a sunset orange sweats the juice of life;
but all her beauty is concealed, consigned
to nun-like garments of the mourning wife.


What future can this widow-child foresee?
Could manacles of marriage set her free?


George Wilson


With the kind permisson of the author


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On Reading a Shakespearean Sonnet

May 01, 2012 Rasel Rana 0 Comments

He helps me keep alive those active cells
that sometimes light the spark of thought anew,
hoping that the cave where reason dwells
might warm with feeling as it used to do.


When thought and feeling fuse, just now and then
and blood rejuvenates the numbing brain
the ageing world regains its glory when
light and laughter match the constant rain.


That surge of mystery, that day in night
encapsulates an element of grace,
a moment of existence brought to light,
cradled in a sonnet's firm embrace.


Such moments of delight his words conceive,
So much for me his sonnet can achieve.


George Wilson


With the kind permisson of the author

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Dors pauvre enfant

April 30, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Iwan Goll


J'arrêterai la terre
J'huilerai les bielles de la lune
Que tes pleurs ont rouillées
J'éconduirai le vent qui a de l'asthme
Et réveille la France entière
Pour que tu dormes
Tous les tramways mettront des roues d'ouate
La pluie se fera neige
Et le matin j'assassinerai les mésanges
Qui fêleraient ton coeur fragile
Pour que tu dormes


(Poèmes d'Amour 1925 p.14 )


Dix Mille Aubes 1951


Source: http://yvanclairegoll.canalblog.com


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Certitude

April 26, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Si je te parle c’est pour mieux t’entendre
Si je t’entends je suis sûr de te comprendre


Si tu souris c’est pour mieux m’envahir
Si tu souris je vois le monde entier


Si je t’étreins c’est pour me continuer
Si nous vivons tout sera à plaisir


Si je te quitte nous nous souviendrons
En te quittant nous nous retrouverons.


Paul Eluard

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A Dream Lies Dead

April 05, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Dorothy Parker (August 22, 1893 – June 7, 1967)


A dream lies dead here. May you softly go
Before this place, and turn away your eyes,
Nor seek to know the look of that which dies
Importuning Life for life. Walk not in woe,
But, for a little, let your step be slow.
And, of your mercy, be not sweetly wise
With words of hope and Spring and tenderer skies.
A dream lies dead; and this all mourners know:


Whenever one drifted petal leaves the tree-
Though white of bloom as it had been before
And proudly waitful of fecundity-
One little loveliness can be no more;
And so must Beauty bow her imperfect head
Because a dream has joined the wistful dead!

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L’ Horloge

March 27, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Tic-tac tic-tac la mort glisse sur l’ horloge
glisse en haut tic-tac Dieu a inventé le temps
Dieu a inventé la mort cette mort est inventée
tout la dément tout autour tic-tac tic-tac
sur les vitres le brouillard coule tel un torrent
les épées cruelles du désespoir tranchent l’espace
et son enveloppe gluante tic-tac tic-tac
la veuve maudit sans cesse l’ horloge
à cause de ses yeux de plus en plus vides
à cause de ses mains gisant sur les cuisses
tic-tac tic-tac
la mort est pressée les minutes raccourcissent
le sable s’écoule dans l’au-delà
tic-tac tic-tac
quelqu’un doit arrêter l’ horloge
quelqu’un doit arrêter la mort
qui...


Snezhana Ivanova

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Acrostic : Georgiana Augusta Keats

March 24, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Give me your patience, sister, while I frame
Exact in capitals your golden name;
Or sue the fair Apollo and he will
Rouse from his heavy slumber and instill
Great love in me for thee and Poesy.
Imagine not that greatest mastery
And kingdom over all the Realms of verse,
Nears more to heaven in aught, than when we nurse
And surety give to love and Brotherhood.


Anthropophagi in Othello's mood;
Ulysses storm'd and his enchanted belt
Glow with the Muse, but they are never felt
Unbosom'd so and so eternal made,
Such tender incense in their laurel shade
To all the regent sisters of the Nine
As this poor offering to you, sister mine.


Kind sister! aye, this third name says you are;
Enchanted has it been the Lord knows where;
And may it taste to you like good old wine,
Take you to real happiness and give
Sons, daughters and a home like honied hive.


John Keats (1795 –  1821)

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Acquainted with the Night

March 21, 2012 Rasel Rana 0 Comments

I have been one acquainted with the night.
I have walked out in rain -- and back in rain.
I have outwalked the furthest city light.


I have looked down the saddest city lane.
I have passed by the watchman on his beat
And dropped my eyes, unwilling to explain.


I have stood still and stopped the sound of feet
When far away an interrupted cry
Came over houses from another street,


But not to call me back or say good-bye;
And further still at an unearthly height,
A luminary clock against the sky


Proclaimed the time was neither wrong nor right.
I have been one acquainted with the night.


Robert Frost


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The Rainbow

February 26, 2012 Rasel Rana 0 Comments

My heart leaps up when I behold
A Rainbow in the sky:
So was it when my life began;
So is it now I am a man;
So be it when I shall grow old,
Or let me die!
The Child is father of the man;
And I wish my days to be
Bound each to each by natural piety.


William Wordsworth

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L'amour

February 25, 2012 Rasel Rana 0 Comments

"L'amour, c'est grand comme l'univers."


Erwan - 7 ans


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À toi que j'attends

February 15, 2012 Rasel Rana 0 Comments


À toi que j’attends patiemment, toi pour qui j’offre des litotes pour décrire le monde que je mets à tes pieds


Être l'architecte de ton cœur


Construire un amour indestructible,


Déboulonner l'univers pour te cueillir un bouquet d'étoiles.


Visser le soleil pour qu’il te flatte à jamais.


Dépoussiérer les nuages.


La lune n’a qu’à bien se tenir, elle sera tienne si tu le désires


Je divague dans un océan où je nage pour rejoindre ton âme,


Des vagues à l’âme, lame de fond prête à surgir, à rugir


À te faire gémir d’un plaisir de vivre


Mais je t’attends, je t’attends patiemment.


Je t’imagine…. artiste, atypique, boulimique de passions, débordante de frénésie, de frissons,


Qui affole même avec du simple, du frivole,


Par des mots; des maux d’émois, d’émotions.


Par des mots; des maux d’émois, d’émotions qui tournent et retournent dans ma tête depuis des mois que je te rêve, que je te vois surgir dans mes nuits de plus en plus clairement.


Tu deviens limpide, tu te matérialises tout en gardant le mystère de ton visage.


Mais ton aura, ton toi intérieur est déjà en moi.


Quand par un sursaut, en sueur je me suis réveillé,


Surexcité, susurrant des «je t’aime», assuré que tu étais là


Je te cherchais dans des mouvements de panique,


N’admettant pas que cela fût un rêve.


Je fermais à nouveau les yeux pour y retourner, Pour goûter encore même un moment à ces indescriptibles plaisirs, je cherchais en même temps à garder ces souvenirs de mon esprit...


Mais doucement ils s'effaçaient et le sommeil ne me laissait pas…….entrer.


Pourtant …Nos mains sur nos corps dansaient comme portées par la transe.


Nous étions les yeux dans les yeux à la lisière du bonheur absolu,


Tes lèvres bougeaient mais aucun son ne sortait.


Aucun besoin, je comprenais tout…


Si seul dans mes songes est là où je peux te trouver mon amour,


Je demande à la vie de me plonger dans le coma.


Vivre le réel est devenu insupportable sans toi.


Chaque seconde qui s’écoule est un peu de toi qui meurs dans un moi qui souffre.


Je me lamente de ton absence, je me larmoie, mais pourquoi?


Tu existes je le sais, je le sens, je ne suis juste pas assez……. pas assez patient, pas assez confiant, pas assez……croyant.


Je t’attends….je t’attends patiemment……mais……..mais je me mens.


J’ai juste peur de ne jamais te trouver,


Toi à qui mon cœur appartient déjà


Toi qui es moi et moi qui suis…


Douce illusion, belle chimère, comme un oasis qui me fait avancer et mourir de soif! Je m'écroule, je m'abandonne!


Je t'aime, Je t’aime déjà tellement que je finis par m’oublier,


Finis par n’être que le reflet de moi-même.


Mais trêve de pleurnichages soporifiques au bonheur


Comment pourrais-tu aimer un homme qui baisse les bras et qui pleure?


Non, non, non, ce n’est pas cela que tu désires.


Tu me veux comme je suis, gentil, serein, poète, joyeux, homme heureux, fou.


Alors je pousse ce cri, ce dithyrambe volant que l’espace et le temps dirigent vers toi


Des mots d’ange, le diable au corps pour te séduire, pour t’envahir, pour te faire voler dans un tourbillon de sensations enivrantes….


Non, rien ne peut plus me stopper…..


Et même si, même si une montagne se glisse sur mon passage, l’ardeur de ma folie la détruira à la masse…


Nous irons main dans la main sauter dans les flaques devant les yeux envieux de quelques enfants éberlués.


Nous goûterons ces petits riens qui font tout, ces jolies petites choses de la vie.


Un pique-nique sur les Champs Élysée ou près d’un lac où flotteront des centaines de bougies par une nuit étoilée, je te couvrirai d’amour avec des grands n’importe quoi, des grimaces des mimiques qui parleront sans un son.


Me réveiller pour te regarder dormir, ne plus respirer pour mieux t’entendre gémir, être heureux dans ton bonheur…


La vie n’est qu’une étincelle dans l’éternité que nous allons enflammer.


Bientôt, très bientôt…


Je t’attends, je t’attends……….patiemment


Lecouillard Alexandre





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Souvenir d’un père

February 13, 2012 Rasel Rana 0 Comments

J’étais venu revoir père au calme impassible.
Dans le hall qu’un gérant nous avait réservé
Les murs étaient gris froid, tristement élevés
Dehors, il faisait chaud, soleil et bleu nuisible.


Larmes de sudation sous une ombre impossible.
Les maux revenaient là par un chemin pavé,
Les mots devenaient las, rares, inachevés,
Des fumées s’élevaient des calumets paisibles


Des mouches tournoyaient au-dessus de sa tête
Sans qu’il ne s’en agace ou même ne rouspète
Il avait passé l’âge agité des gros mots.


Puis maman s’inquiéta de son œuf ou visage
qu’un ruban enrobait : au menton un ravage
Frais laissait entrevoir la vermine au boulot.


( février 2012 )


© Rolland Pauzin

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A ma fille

February 11, 2012 Rasel Rana 0 Comments

O mon enfant, tu vois, je me soumets.
Fais comme moi : vis du monde éloignée ;
Heureuse ? non ; triomphante ? jamais.
-- Résignée ! --


Sois bonne et douce, et lève un front pieux.
Comme le jour dans les cieux met sa flamme,
Toi, mon enfant, dans l'azur de tes yeux
Mets ton âme !


Nul n'est heureux et nul n'est triomphant.
L'heure est pour tous une chose incomplète ;
L'heure est une ombre, et notre vie, enfant,
En est faite.


Oui, de leur sort tous les hommes sont las.
Pour être heureux, à tous, -- destin morose ! --
Tout a manqué. Tout, c'est-à-dire, hélas !
Peu de chose.


Ce peu de chose est ce que, pour sa part,
Dans l'univers chacun cherche et désire:
Un mot, un nom, un peu d'or, un regard,
Un sourire !


La gaîté manque au grand roi sans amours ;
La goutte d'eau manque au désert immense.
L'homme est un puits où le vide toujours
Recommence.


Vois ces penseurs que nous divinisons,
Vois ces héros dont les fronts nous dominent,
Noms dont toujours nos sombres horizons
S'illuminent !


Après avoir, comme fait un flambeau,
Ébloui tout de leurs rayons sans nombre,
Ils sont allés chercher dans le tombeau
Un peu d'ombre.


Le ciel, qui sait nos maux et nos douleurs,
Prend en pitié nos jours vains et sonores.
Chaque matin, il baigne de ses pleurs
Nos aurores.


Dieu nous éclaire, à chacun de nos pas,
Sur ce qu'il est et sur ce que nous sommes ;
Une loi sort des choses d'ici-bas,
Et des hommes !


Cette loi sainte, il faut s'y conformer.
Et la voici, toute âme y peut atteindre :
Ne rien haïr, mon enfant ; tout aimer,
Ou tout plaindre !


Victor HUGO (1802-1885)


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Ma poésie

February 06, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Kechida Walid


Les gens parlent
Et je parle,
Je le fais avec mon cœur
Et avec, je chante et je pleure
Je chante mes sentiments
Et je pleure le future effrayant
Je crie au long de ma route
Mais personne m'écoutent
Et avec ma plume noire
Je dessine de belles histoires
Des souvenirs du printemps
Que je vais me rappeler à tout moment
Des images de jeunesse
Qui feront des sourires à la vieillesse
Une fleure tout en blanc et vert
Qui changera l'obscurité d'hiver
Je dessine des bougies
Qui éclaireront un trajet
D'un aveugle perdu
Ou d'un fol étourdi
Car personne n'est assez prudent
Pour éviter les obstacles de la vie encombrants
J'essaie de guider
Et je suis guidé
Je suis mon cœur
Partout et à tout heures
Il me parle et me raconte
Qu'il est prisonnier de ma langue
Alors que la plume le libère
Pour écouter à ses histoires
Car si il restera encore prisonnier
Il s'éclatera du mal entouré
Alors il se détache et se libère
Et raconte les histoires du printemps et d'hiver
Ma plume écoute et écrit
Et ma langue apprenne et lit
Des formules qui attirent les gens
Et qui chantent aux parents
Chantent des larmes de peur
Et des sentiments du malheur
Des formules qui dansent
Au chant de la vengeance
Qui dessinent des sourires
Aux visages en train de souffrir
Des formules qui sculptent
Des mémoires imposantes
Mes formules ne sont pas de la magie
Ils sont de l'art de la poésie


avec aimable permission de l'auteur

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L'amour interdit

February 06, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Kechida Walid


Dans la forêt de l'amour, je suis perdu
Comme un fol aveugle étourdi
Sans aucune réponse, je me demande
Je raconte mes sentiments au monde
Est-il juste que je sois victime de l'amour
L'amour d'un ange qui s'enfuit et court
Est-il temps d'être victime
Est-il temps de vivre en amertume
Celle que j'aime va bientôt partir
Dois-je attendre, patienter, ou courir


Dis-moi qu'est-ce que je dois faire
Où est-ce que je vais au milieu du désert
J'ai suffisamment patienté et suffisamment souffert
Dois-je laisser tout sombre ou rendre claire
Car mon cœur est en plein colère
Et je ne sais qui suivre, j'ai perdu le flair


Mes larmes tombent sur ma feuille blanche
Ainsi que l'encre noire, découpent mon cœur en tranches
Dessinent l'histoire de l'amour interdit
Et la joie qui vienne chaque samedi
Mais elle ne sera jamais complète
Autant que les âmes ne sont l'une à l'autre
Je me demande et je me questionne
Faut-il que j'abandonne
Ou dois-je attendre la lune de mai
Qui me donnera le sens du verbe « aimer »


Dis-moi qu'est-ce que je dois faire
Où est-ce que je vais au milieu du désert
J'ai suffisamment patienté et suffisamment souffert
Dois-je laisser tout sombre ou rendre claire
Car mon cœur est en plein colère
Et je ne sais qui suivre, j'ai perdu le flair


Y'a-t-il une chose que je dois faire
Ou dois-je laisser passer à loi d'univers
Des choses qui passent sans intervenir
Mais ces choses nous font vraiment souffrir
Mr. le temps, puis-je te faire confiance
Promis moi que tu arrêteras cette vengeance
Promis moi que tu me laisse plus pleurer
Non, peut-être tu ne dois pas jurer
C'est moi qui dois arrêter à penser
Et arrêter de croire aux romans français


Dis-moi qu'est-ce que je dois faire
Où est-ce que je vais au milieu du désert
J'ai suffisamment patienté et suffisamment souffert
Dois-je laisser tout sombre ou rendre claire
Car mon cœur est en plein colère
Et je ne sais qui suivre, j'ai perdu le flair


Mon cœur et ma tête sont en dispute
Qui dois-je suivre et à quel but
Je dois peut-être rester muet
Attendre le destin et ses surprises cachées
Mais je sais que le trésor n'est le mien
Et d'attendre ne résout rien
Ton souvenir sera toujours en mémoire
Et au monde, je la raconterai avec gloire
Avec ma plume, je dessinerai ton image
Et mes yeux n'oublieront jamais ton beau visage


avec l aimable permission de l'auteur

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Mariage précipité

February 02, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Rolland Pauzin – 31 janvier 2012


La campagne s’est mariée ce matin
Elle porte une robe blanche de coton
Les confettis tombent de toutes parts
Des invités jettent du sel au sol
Ou est-ce du riz, signe de fécondité ?
Des pas profonds et légers des trottoirs
au parvis de l’église ont des sons cotonneux


Voyant l’évènement de ma sombre fenêtre
J’attends avec impatience le divorce.


Souce:  Poesieuniverselle

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And ask ye why these sad tears stream?

January 22, 2012 Rasel Rana 0 Comments

 ‘Te somnia nostra reducunt.’


OVID.


And ask ye why these sad tears stream?
Why these wan eyes are dim with weeping?
I had a dream-a lovely dream,
Of her that in the grave is sleeping.


I saw her as ’twas yesterday,
The bloom upon her cheek still glowing;
And round her play’d a golden ray,
And on her brows were gay flowers blowing.


With angel-hand she swept a lyre,
A garland red with roses bound it;
Its strings were wreath’d with lambent fire
And amaranth was woven round it.


I saw her mid the realms of light,
In everlasting radiance gleaming;
Co-equal with the seraphs bright,
Mid thousand thousand angels beaming.


I strove to reach her, when, behold,
Those fairy forms of bliss Elysian,
And all that rich scene wrapt in gold,
Faded in air-a lovely vision!


And I awoke, but oh! to me
That waking hour was doubly weary;
And yet I could not envy thee,
Although so blest, and I so dreary.


Alfred Lord Tennyson

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Atterrissage

January 12, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Ce que la mort peut être : une lente descente,
quasi sans pesanteur, un fœtus bourgeonnant
se lovant doucement au sein de la matrice.
Et le moteur entame un grondement profond,
qu’on dirait stomacal - c’est celui de l’avion
qui a faim d’atterrir, de dévorer l’espace
entre son corps qui tombe et le sol -, et que suit
le furtif lèchement de ses roues sur le corps
de la piste : appuyé, puis glissant vers l’avant,
décélérant en un ralenti sensuel,
et l’avion enfin laisse aller un long son
tel l’ultime soupir de son soulagement.
Le signal ceintures s’éteint, et c’est la phase
finale. Nous quittons nos sièges tels nos âmes
nos corps, et nous laissons nos bagages à main
les plus volumineux dans les compartiments
au-dessus des sièges, puis nous formons, serrée,
la file au bas de l’aile, sourires angoissés
allant de l’un à l’autre, nous sommes quelque temps
la proie bien éveillée de nos ambivalences
diverses, à moins que ne soyons soulagés
d’être enfin arrivés, dans la zone hors du temps
d’une contrée sans nom, sauf celui qu’on lui donne,
sanglotant et riant, le tout en même temps.


Cyril Wong (Copyright 2004)


Traduction et adaptation par Jean-Marie Flémal


Lauréat du Prix de Littérature de Singapour (2006)


« Les poèmes évocateurs et sensuels de Cyril Wong démêlent les déceptions et les promesses de l’enfance dans une langue qui est un pur ravissement, dénuée qu’elle est de toute amertume. Ces poèmes continuent à se mouvoir en nous longtemps après que les lumières se sont éteintes. Ils me rappellent surtout les films de Wong Kar-Wai, le cinéaste confirmé de l’amour et du désir perdus. » (Lewis Warsh.)


***


LANDING


What death may be : a slow, close-to-weightless
tilt, like a burgeoning foetus turning
slightly in the womb. The engine starts a low
growl like a stomach, the aircraft hungry to
land, to devour the space between its
falling body and the ground, followed by
the slow lick of its wheels against the runway’s
belly : pressing down, then skating forward,
only to decelerate, a sensual slow-mo,
and the plane makes a sound
like the hugest sigh of relief.
The seatbelt sign blinks off for the final time.
We rise up from our seats like souls
from bodies, leaving bulky hand luggage
in the overhead compartments, then
begin a tense line down the aisle, awkwardly
smiling at each other, remaining few minutes
alive with all kinds of ambivalences,
or simply relief at having arrived, at long last,
in that no-time zone of a country
without a name except the ones we give it ;
weeping, laughing, both at once.


Cyril Wong (Copyright 2004)


Winner of Singapore Literature Prize (2006)


"Cyril Wong’s evocative and sensual poems unravel the disappointments and promises of childhood, in a language that is pure rapture and untainted by bitterness. These poems continue to pulsate long after the lights have gone out. They remind me most of the movies of Wong Kar-Wai, the consummate film-maker of lost love and desire." (Lewis Warsh).


 

Avec l aimable autorisation de l’auteur et de traducteur

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50-50

January 04, 2012 Rasel Rana 0 Comments

Langston Hughes (1902 - 1967


I’m all alone in this world, she said,
Ain’t got nobody to share my bed,
Ain’t got nobody to hold my hand—
The truth of the matter’s
I ain’t got no man.


Big Boy opened his mouth and said,
Trouble with you is
You ain’t got no head!
If you had a head and used your mind
You could have me with you
All the time.


She answered, Babe, what must I do?


He said, Share your bed—
And your money, too.

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