Ton coeur est fatigué des voyages ? Tu cherches
Pour asile un toit bas et de chaume couvert,
Un verger frais baigné d’un crépuscule vert
Où du linge gonflé de vent pende à des perches ?

Alors ne va pas plus avant : Voici l’enclos.
Cette porte d’osier qui repousse des feuilles,
Ouvre-la, s’il est vrai, poète, que tu veuilles
Connaître après l’amer chemin, le doux repos.

Arrête-toi devant l’étable obscure. Ecoute.
L’agneau bêle, le boeuf mugit et l’âne brait.
Approche du cellier humide où, bruit secret,
Le laitage à travers les éclisses s’égoutte.

C’est le soir. La maison rêve ; regarde-la,
Vois le feu qu’on y fait à l’heure accoutumée
Se trahir dans l’azur par une humble fumée.
Mais tu cherchais la paix de l’âme ? Entre : Elle est là.

Charles GUÉRIN (1873-1907)

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