Tag: XVIIè siècle

Environné de feux, et couvert de lumiere,
Tu sorts de l’Ocean, Astre de l’Univers ;
Et des premiers rayons, de ta clarté premiere,
Tu m’echauffes l’esprit, et m’inspires ces Vers.

Tu brilles de splendeur ; tu brusles toutes choses ;
Les Vallons les plus frais, en vain t’ont resisté :
Tu fais languir les Lis ; tu fais mourir les Roses ;
Et la Neige est fonduë, aux chaleurs de l’Esté.

L’air est estincelant ; la terre est dessechée ;
La Palme la plus fiere, a la teste panchée ;
Le Laurier le plus vert, resiste vainement :

Tout fume ; tout perit ; par la celeste flame ;
Mais la plus vive ardeur d’un tel embrazement,
M’incommode bien moins que celle de mon ame.

Georges de Scudéry (1601-1667)
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( in Poésies diverses, Paris 1649 )
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Un amas confus de maisons,
des crottes dans toutes les rues,
Ponts, églises, palais, prisons,
Boutiques bien ou mal pourvues ;

Force gens noirs, blancs, roux, grisons,
Des prudes, des filles perdues,
Des meurtres et des trahisons,
Des gens de plume aux mains crochues ;

Maint poudré qui n’a point d’argent,
Maint homme qui craint le sergent,
Maint fanfaron qui toujours tremble,

Pages, laquais, voleurs de nuit,
Carrosses, chevaux et grand bruit,
C’est là Paris. Que vous en semble ?

Paul Scarron (1610-1660)
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Thy gift, thy tables, are within my brain
Full charactered with lasting memory,
Which shall above that idle rank remain
Beyond all date even to eternity –

Or at the least, so long as brain and heart
Have faculty by nature to subsist;
Till each to razed oblivion yield his part
Of thee, thy record never can be missed.

That poor retention could not so much hold,
Nor need I tallies thy dear love to score;
Therefore to give them from me was I bold,

To trust those tables that receive thee more.
To keep an adjunct to remember thee
Were to import forgetfulness in me.

William Shakespeare (1564–1616)
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( sonnet 122 )