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Ton coeur est fatigué des voyages ? Tu cherches
Pour asile un toit bas et de chaume couvert,
Un verger frais baigné d’un crépuscule vert
Où du linge gonflé de vent pende à des perches ?

Alors ne va pas plus avant : Voici l’enclos.
Cette porte d’osier qui repousse des feuilles,
Ouvre-la, s’il est vrai, poète, que tu veuilles
Connaître après l’amer chemin, le doux repos.

Arrête-toi devant l’étable obscure. Ecoute.
L’agneau bêle, le boeuf mugit et l’âne brait.
Approche du cellier humide où, bruit secret,
Le laitage à travers les éclisses s’égoutte.

C’est le soir. La maison rêve ; regarde-la,
Vois le feu qu’on y fait à l’heure accoutumée
Se trahir dans l’azur par une humble fumée.
Mais tu cherchais la paix de l’âme ? Entre : Elle est là.

Charles GUÉRIN (1873-1907)

Sois le bienvenu, rouge Automne,
Accours dans ton riche appareil,
Embrase le coteau vermeil
Que la vigne pare et festonne.
Père, tu rempliras la tonne
Qui nous verse le doux sommeil ;
Sois le bienvenu, rouge Automne,
Accours dans ton riche appareil.
Déjà la Nymphe qui s’étonne,
Blanche de la nuque à l’orteil,
Rit aux chants ivres de soleil
Que le gai vendangeur entonne.
Sois le bienvenu, rouge Automne.

Théodore de Banville

Chatte blanche, chatte sans tache,
Je te demande, dans ces vers,
Quel secret dort dans tes yeux verts,
Quel sarcasme sous ta moustache.

Tu nous lorgnes, pensant tout bas
Que nos fronts pâles, que nos lèvres
Déteintes en de folles fièvres,
Que nos yeux creux ne valent pas

Ton museau que ton nez termine,
Rose comme un bouton de sein,
Tes oreilles dont le dessin
Couronne fièrement ta mine.

Pourquoi cette sérénité ?
Aurais-tu la clé des problèmes
Qui nous font, frissonnants et blêmes,
Passer le printemps et l’été ?

Devant la mort qui nous menace,
Chats et gens, ton flair, plus subtil
Que notre savoir, te dit-il
Où va la beauté qui s’efface,

Où va la pensée, où s’en vont
Les défuntes splendeurs charnelles ?
Chatte, détourne tes prunelles ;
J’y trouve trop de noir au fond.

Charles Cros, (October 1, 1842 – August 9, 1888)

Le Roi des Runes vint des collines sauvages.
Tandis qu’il écoutait gronder la sombre mer,
L’ours rugir, et pleurer le bouleau des rivages,
Ses cheveux flamboyaient dans le brouillard amer.

Le Skalde immortel dit : – Quelle fureur t’assiège,
Ô sombre Mer ? Bouleau pensif du cap brumeux,
Pourquoi pleurer ? Vieil Ours vêtu de poil de neige,
De l’aube au soir pourquoi te lamenter comme eux ?

– Roi des Runes ! lui dit l’Arbre au feuillage blême
Qu’un âpre souffle emplit d’un long frissonnement,
Jamais, sous le regard du bienheureux qui l’aime,
Je n’ai vu rayonner la vierge au col charmant.

– Roi des Runes ! jamais, dit la Mer infinie,
Mon sein froid n’a connu la splendeur de l’été.
J’exhale avec horreur ma plainte d’agonie,
Mais joyeuse, au soleil, je n’ai jamais chanté.

– Roi des Runes ! dit l’Ours, hérissant ses poils rudes,
Lui que ronge la faim, le sinistre chasseur ;
Que ne suis-je l’agneau des tièdes solitudes
Qui paît l’herbe embaumée et vit plein de douceur ! –

Et le Skalde immortel prit sa harpe sonore :
Le Chant sacré brisa les neuf sceaux de l’hiver ;
L’Arbre frémit, baigné de rosée et d’aurore ;
Des rires éclatants coururent sur la Mer.

Et le grand Ours charmé se dressa sur ses pattes :
L’amour ravit le coeur du monstre aux yeux sanglants,
Et, par un double flot de larmes écarlates,
Ruissela de tendresse à travers ses poils blancs.

Charles-Marie LECONTE DE LISLE (1818-1894)

Leconte de Lisle-1850-60

Why are you looking at me?
Can’t you see I want to be alone?
I hid behind the door for a reason
But I can’t get it to close

The dogs are barking
The kids are crazy
I hid behind this door for a reason
I just want to be lazy

The T.V. is loud
Interrupting my sleep
I hid behind this door for a reason
I don’t want to hear a peep

Now you mow the lawn?!
You were supposed to do it for weeks
I hid behind this door for a reason
So move and don’t peak

So go away and don’t come back
Shut the door when you leave please
I hid behind this door for a reason
So I can sit here in peace

Anonyme

cat stories

(Cat Stories)

 

Toute seule passerai le vert boscage,
Puis que compagnie n’ai;
Se j’ai perdu mon ami par mon outrage,
Toute seule passerai le vert boscage.
Je li ferai à savoir par un message
Que je li amenderai.
Toute seule passerai le vert boscage,
Puis que compagnie n’ai.

 

English translation:
I will walk through the greenwood alone, for I have no one to go with me. If I lost my love through my own fault, I will walk through the greenwood alone. I will send message to let him know that I will make him amends. I will walk through the greenwood alone, for I hae no one to go with me.

 

Source: The Penguin of French Verse I To the 15th Century
Brian Woledge – with plain prose translations of each poem
Penguin Books 1968

poesiedumonde.com