Slovénie

Recevez donc, mânes de l’ami chéri!
qui dort tôt au tombeau, mon chant que voilà:
de son très brusque départ il me consola,
il m’a la vieille plaie de l’amour guéri.

Brièveté de nos doux liens, dis aux esprits
combien peu sont nombreux les jours d’éclat,
qu’heureux est celui, qui avec Bogomila
d’espoir du bonheur d’outre-tombe et pris.

J’ai enterré toutes mes pensées altières.
les douleurs de tous mes désirs inouïs,
tel Črtomira l’espoir du bonheur sur terre;

Jour clair, jour sombre vont dans la nuit,
coeur gai, ou malade, coeur qui se serre
trouveront la paix dans le tombal puits.

France PREŠEREN (1800 – 1849)

in L’ULTIME AIMÉE
Poèmes – choix et traduction
Kolja Mićević, Editions Kolja Mićević

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quand tu te lèves et quand tu pars, je dis
laisse-moi tes mains, pour que je les tienne,
les caresse, laisse-moi tes jambes pour qu’elles
me cachent, qu’elles m’emportent

debout, tu me regardes, tu parles
ne pleure pas, la terre tourne
les étoiles s’éteignent, tu ne vois plus
et tes souvenirs ne te feront plus aucun mal

quand tu te penches pour me donner un baiser
je murmure, laisse-moi au moins ta poitrine
pour que j’y appuie ma tête et m’y endorme

laisse-moi au moins tes yeux pour que je les regarde
laisse-moi ton sourire, laisse-moi au moins
une larme pour que je m’y noie.

Avec l aimable autorisation de l’auteur

Traduit par Polona Tavcar

l’original :

ko se dvigneš in odhajaš, rečem
pusti mi roke, da držim jih
gladim, pusti mi noge, da skrijem
se med njimi, da me poneso

ti stojiš, me gledaš, govoriš
ne jokaj, zemlja se obrne
zvezde pogase, ne vidiš več
in spomin ne bo te več bolel

ko se nagneš, da mi daš poljub
zašepnem, pusti mi vsaj prsi
da prislonim glavo in zaspim

pusti mi oči vsaj, da jih gledam
pusti svoj nasmeh, pusti mi vsaj
eno solzo, da utopim se v nji.

Brane Mozetic