Pays de Galles

Nothing in November
but dark days
of black seas raging
pounding the broken shore,
blinding spray
and the foam roaring,
pouring
through the red teeth
of the red raw rock
scarred by the buffeting
of endless storms
and the wild sea lashing.
Dark days merge into sights
when the sea of my heart
refuses rest.

When the biting cold
chills the bone,
and the endless
roar and motion,
and the cry
of the storm-crossed gulls
singing, ringing in the air,
when the howl
of the salt-laden wind,
sharp as a knife,
cuts into the soul,
until the unbearable
endless night
meets the dawn…
and the gentle rain.

David Hodges (frère David Hodges)

Traduction francaise de Jean-Marie Flémal

 

Rien en novembre

Rien en novembre
hormis les sombres journées
des flots noirs qui font rage
et battent le rivage brisé,
les embruns aveuglants
et l’écume rugissante,
le déferlement des eaux
par les dents rouges
des rouges et rudes rochers
que lacèrent les coups répétés
des tempêtes interminables
et ceux de la mer sauvage.
De sombres journées
se fondent en visions
lorsque la mer de mon cœur
refuse le repos.

Quand le froid mordant
glace les os,
et le grondement infini
et le mouvement sans fin,
et le cri modulé
et sonore dans le ciel
des goélands traversés par la tempête,
quand le hurlement
du vent chargé de sel,
affûté comme une lame,
taille dans l’âme,
jusqu’à ce que l’insupportable
et interminable nuit
rencontre enfin l’aurore…
et la pluie paisible.

rocks
Île de Caldey – Plus des photos ici

David Hodges (frère David Hodges) est un moine cistercien de l’abbaye de Caldey, sur l’île de Caldey, au large de la côte galloise, au Royaume-Uni. La poésie du frère Davi reflète la vie monastique de prière dans un décor insulaire. Les paysages marins, la faune et la flore de l’île, le vol des oiseaux, la liturgie, la mémoire et les questions contemporaines : c’est là que se trouve le matériel qui alimente la plume du poète.

Vous en découvrirez plus à son propos ici :
http://www.davidhodgespoetry.co.uk/

 

(Original)

Do not go gentle into that good night

Do not go gentle into that good night,
Old age should burn and rave at close of day;
Rage, rage against the dying of the light.

Though wise men at their end know dark is right,
Because their words had forked no lightning they
Do not go gentle into that good night,

Good men, the last wave by, crying how bright
Their frail deeds might have danced in a green bay,
Rage, rage against the dying of the light.

Wild men who caught and sang the sun in flight,
And learn, too late, they grieved it on its way,
Do not go gentle into that good night,

Grave men, near death, who see with blinding sight
Blind eyes could blaze like meteors and be gay,
Rage, rage against the dying of the light.

And you, my father, there on the sad height,
Curse, bless, me now with your fierce tears, I pray.
Do not go gentle into that good night,
Rage, rage against the dying of the light.

 Dylan Thomas 1914 – 1953 

***

Traduction de Rolland Pauzin, conservant la forme de la villanelle :

Ne vas pas gentiment dans cette douce nuit
L’âge devrait brûler ou briser sa clôture
Rage, rage et combats la mort du soir qui luit

Bien qu’un sage vieillard sait que le trou noir suit,
Ses mots étant sans lux, aucune créature
Ne va docilement dans cette douce nuit.

Bonhomme prés du but, pleurant pour ce vert buis
Brillant, où danseraient ses dernières mesures,
Rage, rage et combat la mort du soir qui luit.

L’excité qui chantait le vol d’un soleil cuit
Et qui apprend trop tard le deuil de ses brûlures,
Ne va docilement dans cette douce nuit.

L’homme grave et mourant, dont les yeux, tels des puits,
Peuvent de joie briller avant leurs fermetures,
Rage, rage et combat la mort du soir qui luit.

Et toi père en ce corps qui tristement s’enfuit,
En pleurs fiers, maudis-moi, bénis-moi, je t’adjure,
Ne vas pas gentiment dans cette douce nuit
Rage, rage et combats la mort du soir qui luit.

 

http://ecritsaai.blogspot.de/

 

La maison de Thomas à Laugharne, appelée le Boat House
La maison de Thomas à Laugharne, appelée le Boat House