Irak

La mort s’exhale en toi

De quelle souche viens-tu ?
Et sur quelle stèle graveras-tu ton nom ?

Comme tu pleures
Au fond des jours

Trompé chez toi
Vaincu à l’extérieur

Caché dans ton obscurité
Vigilant en toi-même

Ton péché est inévitable,
Ton espace plie ses voiles…
La lune te dénonce…
Seule la poussière te comprend

De longs siècles
Des temps incolores

Laisse ton testament au bon vouloir de l’eau
Car entre les étoiles et toi il n’y a
Qu’un éclair de pensée
Et te voici fantôme à la recherche des fantômes

Ni le soleil ne répand sa lumière dans tes yeux
Ni la pierre ne déverse son éclat
Dans l’orbite

Seul le sable répand son luxe
Dans le lit du vent
Dans les élégies qui t’attendent
Au-dessous du sommeil

Voilà ton éternité
Une langue tranchée
Dans la parole du désert
Voilà ton histoire
Elle te tire dans sa poubelle
Et se tue

Et lorsque Dieu s’endort la nuit
Et que les nuages s’éveillent dans le ciel
Tu feras alliance avec un éclat de bombe :
Descendre la mine de la lumière
Laisser le chaos ruisseler sur le paysage en ruines

Et s’il fait froid,
La guerre est ton manteau !
Et sur ta tombe
S’épanouit la fleur.

© Abdul Kader El Janabi

Traduit par Antoine Jockey

Avec l’aimable autorisation de l’auteur

 

L’original :

الموت يتضوّع فيك

من أي عشبة جِئتَ

وفي أي نُصب ستحفرُ اسمك؟

كم أنت تبكي الآنَ

في صميم الأيام

مخدوعٌ في بيتكَ

وفي خارجه مهزومٌ

مستورٌ في ظلمتك

وبداخلك مشحونٌ

خطيئتُكَ أمر لا مفر منه،

فضاؤكَ يطوي أشرعتَهُ…

القمر يشي بك…

التراب وحده يفهمك

قرونا طويلة

أزمنة بلا لون

اترك وصيتك حيث تشاء المياه

فما بينك والنجوم

سوى ومضة فكر

وها أنت مجرد شبح يبحث عن أشباح

فلا الشمس تنزف نورها في عينيك

ولا الحجر يفرغ إشراقه

في المحجر

فقط الرمل يهيل سطوعه

في مسارب الريح

في المراثي التي تنتظرك

أسفل النوم

هذه هي أبديتك

لسان مقطوع

في رسالة الصحراء الشفوية

وهذا هو تاريخك

يرميك في مزبلتِهِ

وينتحرْ

وعندما ينام ليل الله

ويصحو السحاب

سيكون لك عهد مع الشظية

أنْ تنزل منجم النور

وتترك الغمر يسيل في مشهد الخراب

وإذا ثمة برد،

فالحرب معطفك !

وعلى قبرك

ستتفتح الزهرة.

عبد القادر الجنابي