Cameroun

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Salut à toi, Nouvel An !
Tu t’amènes
tout sourire
et c’est la joie
ça et là dans le monde !

Les portes de nos sens
sont ouvertes
pour la fête
pour l’accueil
et te souhaitent la bienvenue !

Puisse ton sourire être
la consolation de l’éploré
le soulagement de l’éprouvé
la délivrance de l’opprimé,
puisse ton sourire être
le soleil de l’éveil
qui chasse les ombres
et assèche les larmes !

Éclaire-nous, Nouvel An
de ta lumière neuve
afin que soit neuf le regard
que nous portons
les uns sur les autres,
afin que soit neuve la façon
dont nous envisageons nos vies et nos rêves.

Nouvel An que salue l’égaré
à l’égal du bien né !
Nouvel An qui rend l’espoir
à qui jetait l’éponge !

Sois brise de paix
et enlace nos colères
de tes bras rassurants !
Sois source de joie
et abreuve nos peines
de tes eaux antalgiques !

Emplis-nous de ferveur
Nouvel An
de bon sens
Nouvel An
et permets
que chacun de tes jours
malgré les heurts
et les malheurs
qui ne manqueront pas
soit un pas vers le mieux de nous-mêmes.

Que souffle sur nos terres un vent de renaissance !

Kouam Tawa

Depuis que je suis né,
Ma plus belle saison
Est celle où mes parents
Dans une même pensée
Me montraient les chemins
Menant à tous les cœurs.

Depuis ma prime jeunesse,
Mon plus beau rêve
Est celui dans lequel
J’ai vu les pays du monde
Se donner la main
Pour chanter à l’unisson
La chanson de la vie.

Depuis que je suis homme,
Mon plus beau voyage
Est celui qui m’a conduit
Jusqu’à toi, mon Amour.

Kouam Tawa

Kouam Tawa est auteur dramatique, poète et metteur en scène. Il réside au Cameroun et se consacre à la littérature, au théâtre et à l’animation des ateliers d’écriture.

Ma sœur
ranime
le feu
sous cette
nue brumeuse.

Mon oreille pâtit
à voir
mon front
timbré
d’une étoile indécise.

Que sais-tu
de ta source ?

L’étendard
cruenté
étale
sa toile de titan.

Son visage
est feu
sang et larmes.

Aïe ! mes jours
s’ouvrent les veines.

Fusillez-moi
j’ai soif d’une vie pleine.

Kouam Tawa

Kouam Tawa est auteur dramatique, poète et metteur en scène. Il réside au Cameroun et se consacre à la littérature, au théâtre et à l’animation des ateliers d’écriture.

Mon pays ce n’est pas cette terre fragile de gravier et de boue
où patine l’espoir au fil des jours,
ces voitures et ces usines qui fument à longueur de journée,
ces badauds qui traînent, le regard hagard dans les rues.
Mon pays, ce n’est pas cette terre senteur d’exil
où je pousse à peine mes rêves jusqu’à la première lisière du grand jour.
Ce n’est pas ces routes bitumées qui courent à perdre haleine,
ces sentiers efflanqués qui desservent les campagnes,.
ces toits de tôle ondulée devenus tamis.
où filtre la fumée épaisse du feu de bois vert que font les femmes,
ni ces amas d’ordures et de ferraille qui jonchent le sol,
ni ces villas luxueuses qui germent par endroits,
ni la mort lente et lâche de ces hommes dégradables.
par infusion de misère et de mots creux,
ni ces rires qui fusent de l’autre côté de la barrière d’en face.
Mon pays ce n’est pas ce mélange criard de clair obscur.
où mon cœur épie en vain l’arrivée du jour.
Ce n’est point cette terre tatouée de forêts en ruine.
où terre et hommes étouffent à petit feu dans la fournaise des jours.
Ce n’est pas cette terre où tout est mirage.
et où la joie est putrescible même par temps doux.
et non terre à bonheur.
Ce n’est pas ces filles en tenue d’Ève.
qui se vendent à la criée pour une poignée de monnaie.
Ce n’est point cette terre boursouflée d’ombres à nulle autre pareilles.
qui croassent d’épouvante à l’orée du jour.
Mon pays ce n’est pas cette terre de hiboux colporteurs de rêves creux
qui rongent le jour.

Mon pays, c’est ton sourire d’or pur et de pierres précieuses
qui reflète tout le trésor de ton cœur Bantou,
où chante l’amour comme un jour de fête.
C’est ta peau couleur de clair de lune où mes doigts la nuit deviennent paroles
et te font signe dans la pénombre
malgré ces nuages sombres qui tatouent notre bonheur.
C’est tes mains plus douces que fleur d’hibiscus fraîche éclose
qui se posent sur la tiédeur de ma peau pour me conter l’espoir,
ton regard, étreinte à la douceur de rosée du matin
où je me retrouve dans ta tendresse, recommençant mon enfance sur tes seins,
ta bouche aux lèvres douceur de taffetas,
où je bois le vrai souffle de vie au sortir de tes entrailles.
Mon pays, c’est toi, étoile polaire de mes nuits,
où je m’égarerais pour toujours sans ta présence,
sens de ma vie à chaque instant,
et je perdrais raison sans tes bras qui me serrent contre toi,
sans tes lèvres qui mordent les miennes
pour m’offrir ta salive salvatrice,
ta langue plus fougueuse que mille étalons en rut.
Et ma maison c’est ton cœur.
Laisse-moi y vivre pour toujours, mon amour.

© Alain Serge DZOTAP

Avec l’aimable authorisation de l’auteur