Afrique du Sud

C’est un soir qui grince en
touchant les ombres d’une esquisse
de sourire
d’un rire lent comme libéré
Les aloès et les herbes folles s’agitent
sur des accents de jazz
La fatigue rompt ses fers
une fois parcourue l’orbe d’un lointain soleil
Les mots ont perdu le chemin du retour
comme d’habitude
Un poème s’est déroulé
depuis un coin de ton œil
Mdantsane explose dans la confusion
d’une autre nuit carnavalesque
Amitabh Mitra

traduit de l*anglais en français par Jean-Marie Flémal
Avec l’aimable autorisation de l’auteur et du traducteur

La route menant à l’hôpital Cecilia Makiwane
est à certains égards subtile
Les morts y marchent sans faire de bruit
de crainte d’éveiller les ombres
vivant au confluent de l’épouvante
et de la disparité
À l’occasion le ciel descend
et c’est alors les arbres qui se penchent
pour chercher les oubliés
roulant dans la descente
vers l’hôpital Cecilia Makiwane
à Mdantsane
de jour
humant les poteaux électriques
qui diffusent encore leur lumière
Soulagement est peut-être
un mot
rare
Amitabh Mitra
traduit de l’anglais en français par Jean-Marie Flémal
Avec l’aimable autorisation de l’auteur et du traducteur

 

 

Y a-t’il un pays?
Un pays où la mer chante une chanson sans paroles?
Où les oiseaux volent comme une vague dans le ciel?
Où le soleil brille même s’il pleut chaque jour?
Mais avec un rhythme  plein d’amour?

Y a-t-il une chanson?
Une chanson qu’un homme  peut chanter?
Une chanson avec une mélodie qui a des ailes?
Y a-t’il un homme avec une voix qui m’appelle?
Un appel à mon coeur, de loin, qui me fais danser?

Y a-t’il un jour?
Qui promet le soleil sous la pluie?
Un arc-en- ciel avec un pot d’amour?
Un jour quand le rêve deviendra réalité
Et réalité deviendra un nouveau rêve rencontré?

Y a t’il?  Y a t’il?  Y a t’il?
J’en rêve, oui j’en rêve

GretchenW © 2003

Les montagnes dévalaient
aujourd’hui tout autour de moi
qui chevauchais les dragons
dans le soleil et son armure de brouillard :
je cherchais tes yeux fugitifs
à l’une ou l’autre frontière de mon rêve.

Je perçois traînants
des pas dans la brume d’un dimanche matin :
marché aux puces, rances relents de fromage,
des gouttes de rosée sur tes cheveux et – fugace ? –
un sourire lorsque tu t’es retournée
essayant peut-être en hésitant
de repérer un nuage en balade entre nous.

J’étais le torrent
parcourant la ville
et qui te découvrit enfin
dans la solitude prenante d’un monastère
et ma moustache caressa ton sein
en un chant de nuit
intemporel.

Dr. Amitabh Mitra

Adapté/ Traduit par Jean-Marie Flemal

Thimphu est la capitale du royaume du Bhoutan. La rivière Wang Chu la traverse.
Ce poème a été publié dans Kuensel, le principal quotidien du Bhoutan.

***

Thimphu

The mountains galloped down today
all around me
riding hard the dragons in the
sun in an armor of mist seeking your
runaway eyes at an edge of my dream.

I grasp shuffling steps in the haze on a
Sunday morning
flea market, the smell of rancid cheese
dewdrops on your hair and perhaps a fleeting
smile when you once looked back
hesitantly perhaps trying to
locate a truant cloud between us.

It was the river flowing within
the city that finally found you in the rampant solitude of a monastery as
my moustache brushed against your
breast in a timeless
night-song.

© Dr. Amitabh Mitra
June 26, 2005

Thimphu is the capital of the Kingdom of Bhutan. The river Wang Chu flows within the city.
This poem was published in Kuensel, the prominent daily newspaper in Bhutan

Avec l aimable autorisation de l’auteur et de traducteur

 

Jaillis des bois obscure fleurant l’ondée,
Harnachés de rayons égaux dans des rênes d’or,
Les zèbres étalent l’aurore sur les pleines
Marchant jusqu’aux genoux dans les fleurs écarlates.

Le soleil balafrant leurs flancs de flamme
Flamboie entre les ombres alors qu’ils passent
Secoués de frissons électriques dans l’herbe
Comme le vent sur les cordes d’or d’une lyre.

Dans l’air éparpillant un plumage rosé
Qui s’effrite à leurs pieds en errantes vapeurs,
A voix que l’étalon encerclé les troupeaux,
Moteur de beauté chargé de plaisir
Pour rouler sa cavale sur les lys piétinés.

Roy Campbell (1901 – 1957)

Traduit par Armand Guibert

Un demi-siècle de poésie, La Maison du Poète, Dilbeek, 1954.