Rolland Pauzin

Pêches ! Pêches ! Six pour une livre !
Mary Brown martelle cette chanson.
Les rues marchandes d’un Dublin ivre,
Ecoutent les Coleens à l’unisson.

Harengs Saurs ! Le tout pour une tune !
L’odeur des poissons atteint le palais,
Les tricots, les cheveux, les narines,
Et s’incruste partout des jours entiers.

Pommes ! Pommes ! Le tout à moitie prix !
Monsieur ! Monsieur ! Venez voir mes bébés !
Les voitures d’enfants remplies de fruits
Attendent les marmots pas encore nés.

Pas de repos pour ces roues du vendeur !
Du pont O’Connell à la rue Moore
Des queues de prolifiques Dublineurs,
Bien plus actifs que de simples lièvres,

Garnissent ces poussettes tous les jours.
Par Leurs immenses amours des beaux fruits
Et les beaux fruits de leur plus grand amour
Ils satisfont prêtres et démunies.

Moore Street – Dublin

Peaches ! Peaches ! Six for a pound !
Mary Brown shouts her daily song.
In the fair city’s shopping ground
Scores of old Colleens sing along.

Kippers ! The lot for a fiver !
The fishy stench reaches your eyes,
Your shirt, your socks, your nose, your hair,
And gets stuck there for days and days.

Apples ! Apples ! Best golden skins !
Sir ! Sir ! Come and see my babies !
Prams filled with mounts of fruity twins
Wait for the soon-to-come barbies.

No rest for the poor four wheelers !
From Half-penny bridge to Moore street,
Queues of prolific Dubliners,
Much faster than any rabbit,

Always keep the dear prams alive.
With the greater love of their fruits
And the fruits of their greatest love
They please the starved and the Jesuits.

©Rolland Pauzin

Avec l’aimable autorisation de l’auteur, qui est aussi le traducteur

Moore_Street_market,_Dublin
P
hoto: ©Marek Ślusarczyk