Khadija Elhamrani

J’adore la profondeur et l’ampleur du silence !
Quand il me ceint l’ouïe d’une aura de mystère,
Le vide devient musique et avale les misères
Des heures sans parfums et des fades ambiances.
Je voudrais embrasser les déserts aériens,
Rejoindre les nuages cotonneux et légers,
Voler au ciel bleu ses hauteurs et sa paix
Et m’en faire une paire d’ailes de blanc vélin.
Epouser du silence la transe et les rythmiques,
N’entendre que le chant des vents dans les vallées,
Percevoir de la brise les venues et allers
Sur les flans séduisants de montagnes mystiques.
J’aimerais bien devenir la bergère du silence,
En saisir la jouissance dans ses moments magiques
D’absence d’assonances phoniques ou symphoniques
Cherchant l’harmonie loin des tumultueuses nuisances.
Mon troupeau serait fait de brassées de mutisme,
De belles touffes tressées de lumière et de calme
Que la tranquillité éloigne du vacarme
Des bêlements sonores ignares des aphorismes.
Ma flûte traversière mieux que celle de Pan
Fera vibrer le vent traversier, et ma lyre
Composera des chants avec les fins murmures
Du zéphyr alizé célébrant les amants.

Khadija Elhamrani , Agadir, Samedi 06/10/12 à 21h46.