Giuseppe Gallo

Pareille à une toile laissée blanche
qu’un anachronique bohémien
en veste et pull-over a déchirée
par le milieu, avec la force
de ses deux paumes. Quelle couleur
a la douleur ? Le blanc d’une hallucination,
dirais-tu, ou peut-être le noir d’un gouffre…

Le ciel ensanglanté au moment
du souper déjà entamé recommande :
ayez donc pitié de cet avril
gothique dans la rivière, mutilé
par une de vos obsessions,
vous le voudriez peut-être guéri
pour le début de l’été.
Quelle couleur a la douleur ?
Le bleu d’une nuit à attendre dehors
et que pas même un baiser
ne peut réchauffer, peut-être,
ou l’orange langoureux
du crépuscule qui se laisse mourir…

Tes hôtes ont choisi
un horizon moins coloré
ce soir : je ne pensais pas
qu’un boogie eût pu heurter
comme un jeu de mots cruel,
par sa frénésie cynique.
Mais pourrais-tu me dire la couleur
de la douleur ? Ton regard absent,
je l’aurais cru plus distant encore,
mais pas au point de m’empêcher
d’entrevoir un instant l’attendrissement
passager d’une nostalgie. Voilà,
si seulement l’heure pouvait te rejoindre….

Et tu me pries de raconter
une fois encore nos dernières
vacances : l’Etna protestait ce jour-là
où, contrairement au programme,
nous ne sommes pas allés à la mer.
Ne sois pas distraite en ce moment
unique, si tu le peux, renvoie à plus tard
souvenirs et rancœurs.
La couleur de la douleur ?
Dis-le moi, si tu le sais !
La nuit de l’incompréhension
à la périphérie, tu y penses
maintenant avec certitude,
cette noirceur gangreneuse
comme une lave durcie
au long des années,
et le feu, peut-être, d’une explosion
au milieu déchiré de la poitrine.

Adapté/ Traduit par Jean-Marie Flemal

L’originale

Come una tela lasciata bianca
che un anacronistico bohémien
in giacca e pullover ha reciso
con violenza a due palmi
dal centro. Qual è il colore
del dolore ? Il bianco di un’allucinazione,
diresti, forse il nero di una voragine….

Il cielo sanguinante a cena
già iniziata raccomanda :
abbiate pietà di questo aprile
gotico in riviera, storpiato
da una vostra ossessione,
lo vedrete guarito forse
prima dell’estate.
Quel è il colore del dolore ?
Il blu di una notte fuori posta che nemmeno
un abbraccio può riscaldare, ipotizzi,
o l’arancio languido del tramonto
che si lascia morire….

I tuoi ospiti hanno scelto
il sottofondo meno intonato
questa sera : non pensavo
che potesse un boogie
offendere come un motto crudele
di spirito, con la sua cinica frenesia.
Ma qual è il colore sapresti
dirmi del colore ? Il tuo sguardo assente
L’avrei giudicato più distante,
no lo è forse tanto da impedirsi
di lasciarmi intravedere l’intenerimento
momentaneo di una nostalgia. Ecco,
se solo potessi raggiungerti ora….

E mi preghi di raccontare
Per una volta ancora l’ultima
vacanza : L’Etna protestava quel giorno
in cui contro i programmi
non siamo andati al mare.
Non ti distrarre in questo unico
momento, se puoi, rimanda a dopo
ricordi e rancori. Il colore del dolore ?
Qual è, se lo sai ? Il buio dell’incomprensione
nella periferia, pensi adesso sicura, incancrenito
Come lava indurita negli anni, e il fuoco, forse
Di un’esplosione nel mezzo dilaniato
Del petto….

©2001 Giuseppe Gallo

Avec l aimable autorisation de l’auteur et de traducteur