François Villon

Mort, j’appelle de ta rigueur,
Qui m’as ma maîtresse ravie,
Et n’es pas encore assouvie
Se tu ne me tiens en langueur:
Onc puis n’eus force ne vigueur;
Mais que te nuisoit elle en vie,
Mort?
Deux étions et n’avions qu’un coeur;
S’il est mort, force est que devie,
Voire, ou que je vive sans vie
Comme les images, par coeur,
Mort!

François Villon (c. 1431–1464)

 

Repos éternel donne à cil,
Sire, et clarté perpétuelle,
Qui vaillant plat ni écuelle
N’eut oncques, n’un brin de persil.

Il fut ras, chef, barbe et sourcil,
Comme un navet qu’on ret ou pèle.
Repos éternel donne à cil.

Rigueur le transmit en exil
Et lui frappa au cul la pelle,
Nonobstant qu’il dit : ” j’en appelle ! ”
Qui n’est pas terme trop subtil,
Repos éternel donne à cil.

François Villon (c. 1431–1464)